Si vous êtes amateur de récits d'animaux, les réseaux sociaux n'en manquent pas. Dernier exemple en date, ce post qui, sur X, a déjà cumulé 3,3 millions de vues. On y voit deux photographies d'un éléphant d'Afrique. Sur l'une, il se tient à côté d'un corps humain. La légende explique ce qu'il s'est produit : au sein du parc national Kruger, des années après qu'un garde forestier sud-africain a sauvé un éléphanteau, l'homme décède en pleine jungle. L'animal, nommé « Mnumzane » par le personnel du parc, trouve le corps et le veille trois jours durant, jusqu'à ce que la dépouille de son « ami » soit évacuée. Depuis, l'éléphant se rend régulièrement sur les lieux, comme pour rendre hommage à la victime.
En commentaires, l'émotion règne : l'intelligence (avérée) des éléphants est plébiscitée, de même que leur compassion (mise en rivalité avec celle des êtres humains par de nombreux internautes).
FAKE OFF
Si ce narratif a fait le tour du monde, il a, en toute logique, suscité l'intérêt des médias sud-africains. Pour tirer le vrai du faux, le site Good Things Guy a interrogé SANParks, l'organisme chargé de la surveillance des parcs nationaux d'Afrique du Sud. Verdict : un récit 100 % fictionnel. Le site Caxton Network News a également sollicité une réaction de SANParks, qui précise qu'il n'existe, au sein du parc Kruger, aucun garde forestier portant le nom attribué au défunt ni d'éléphant surnommé « Mnumzane ».
Auprès des deux médias, l'institution dénonce en outre un nombre croissant d'infox concernant les parcs nationaux sud-africains, jugées susceptibles de « créer une panique inutile, de fausser la compréhension du public et de nuire en la confiance qu'il porte aux véritables efforts de conservation ».



