Kristi Noem évincée par Trump : la chute d'une ministre de l'Immigration trop radicale
Kristi Noem évincée par Trump après ses excès sur l'immigration

La chute brutale d'une figure de l'aile dure de l'administration Trump

Kristi Noem, l'ancienne gouverneure du Dakota du Sud devenue ministre de la Sécurité intérieure, paie aujourd'hui le prix de son goût immodéré pour la publicité et de ses positions radicales sur l'immigration. À 54 ans, cette pilier du mouvement « Make America Great Again » a été brutalement évincée par le président Donald Trump, qui a annoncé jeudi son remplacement par le sénateur Markwayne Mullin.

Une campagne publicitaire qui a fait scandale

Le déclencheur immédiat de cette disgrâce semble être une campagne publicitaire de 220 millions de dollars, autorisée par Kristi Noem, visant à inciter les immigrés à quitter volontairement les États-Unis. Lors d'auditions parlementaires tendues cette semaine, la ministre a assuré avoir obtenu l'aval de Donald Trump pour cette opération, où elle apparaissait largement en personne, notamment à cheval devant le célèbre mont Rushmore dans le Dakota du Sud.

Cette campagne a provoqué une vague d'indignation. Dick Durbin, principal membre démocrate de la commission judiciaire du Sénat, a réagi vivement : « Kristi Noem était le visage d'une campagne impopulaire, illégale et carrément dangereuse d'expulsions massives qui a coûté la vie à des Américains innocents et en a terrorisé beaucoup d'autres ». Il a ajouté : « Le pays a exprimé son indignation, elle a menti au Congrès de manière répétée et même le président a fini par reconnaître qu'elle était inapte à cette fonction ».

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Des déclarations incendiaires et des méthodes contestées

Kristi Noem s'était illustrée par des prises de position extrêmement dures :

  • Qualification de « terroristes » pour des manifestants tués par des policiers à Minneapolis
  • Visite médiatisée dans la mégaprison salvadorienne Cecot, où elle avait posé devant des détenus entassés
  • Publication sur les réseaux sociaux menaçant les immigrés clandestins de finir dans cette prison
  • Défense systématique des forces de l'ordre impliquées dans des morts d'Américains lors d'opérations d'expulsion

En novembre, l'administration Trump a dû reconnaître que la décision de passer outre l'ordre d'un juge fédéral de suspendre des expulsions vers le Salvador – en invoquant une loi d'exception de 1798 sur les « ennemis étrangers » – avait été prise par Kristi Noem elle-même.

Une image ternie par des révélations personnelles

Un temps pressentie comme possible colistière de Donald Trump pour l'élection de 2024, Kristi Noem a vu ses ambitions s'effondrer progressivement. La polémique soulevée par la révélation contenue dans ses mémoires à paraître a particulièrement nui à son image : elle y raconte avoir été contrainte d'abattre par balle sa jeune chienne « Cricket », âgée d'un an et deux mois, en raison de son caractère « indomptable ».

Cette révélation a provoqué un tollé dans une société américaine très attachée aux animaux de compagnie. Kristi Noem expliquait vouloir ainsi montrer qu'elle était prête, en politique comme dans sa vie personnelle, à faire le nécessaire, même si c'est « moche » et « difficile ».

Le profil d'une ultraconservatrice inflexible

Mère de trois enfants ayant grandi dans un ranch, Kristi Noem défendait des positions ultraconservatrices sur tous les sujets clivants :

  1. L'avortement
  2. L'immigration
  3. Le port d'armes à feu (avec lesquelles elle se mettait volontiers en scène)

Son départ marque un tournant dans l'approche de l'administration Trump sur la question migratoire, même si le successeur désigné, Markwayne Mullin, devrait maintenir une ligne dure, probablement avec moins de déclarations provocatrices et de mises en scène médiatiques.

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