La Cour suprême américaine invalide les droits de douane de Trump, un revers historique
Cour suprême invalide droits de douane Trump, revers historique

Un revers cinglant pour l'hyperprésidentialisme de Trump

Le 2 avril 2025, Donald Trump avait proclamé un « jour de la libération » en annonçant une salve de droits de douane sur les exportations de la quasi-totalité des pays du monde. Le président américain affirmait alors qu'il s'agissait d'« un jour dont nous nous souviendrions dans quelques années en nous disant : “Il avait raison !” » Dix mois plus tard, la Cour suprême des États-Unis a rendu un verdict sans appel : il avait tort, au moins sur le plan juridique.

Une décision retentissante aux implications multiples

Vendredi 20 février 2026, dans une décision retentissante sur les plans politique et économique, la majorité des neuf juges a considéré que Donald Trump était allé trop loin en instaurant ces droits de douane sans autorisation claire du Congrès. C'est la première fois que la Cour suprême invalide définitivement une mesure prise par Donald Trump durant son second mandat.

Le revers est d'autant plus cinglant que trois juges conservateurs se sont joints aux votes des trois membres progressistes. Ils ont unanimement estimé que le président avait outrepassé ses pouvoirs en utilisant la loi sur les pouvoirs économiques d'urgence internationaux. Les juges donnent ainsi raison aux entreprises américaines et à la douzaine d'États fédérés qui affirmaient avoir subi un préjudice du fait de ces barrières douanières.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La réalité économique contredit les affirmations présidentielles

Contrairement aux déclarations répétées de Donald Trump, ce sont bien les entreprises et les ménages américains qui supportent l'essentiel du coût des droits de douane, comme l'ont confirmé plusieurs études indépendantes. De facto, ces barrières pouvaient être considérées comme des taxes que le président n'avait pas le pouvoir d'imposer sans l'approbation du Congrès.

Cette décision de la Cour suprême réaffirme avec force la primauté du droit sur l'arbitraire présidentiel. Trois juridictions inférieures avaient au préalable jugé ces droits de douane illégaux. C'est un coup d'arrêt à ce qui était devenu un instrument de chantage et d'extorsion à l'égard de partenaires commerciaux ou de dirigeants étrangers réticents à se plier aux intimidations du président américain.

Des mesures contestables et inefficaces

Contestables sur le plan juridique, les droits de douane se sont également révélés inefficaces sur le plan économique. Le déficit commercial américain a battu un nouveau record en 2025. Les importations ont continué à progresser et la réindustrialisation promise reste à ce stade un mirage.

L'importance de la décision peut se jauger à la virulence de la réaction du président américain. La qualifiant de « honte », de « disgrâce », d'« acte antipatriotique », il est allé jusqu'à accuser la juridiction suprême d'avoir été « influencée par des intérêts étrangers ». Pourtant, la Cour n'a fait qu'appeler au respect de la Constitution des États-Unis.

Des conséquences politiques durables

Donald Trump devra s'y plier, même s'il a promis d'instaurer des droits de douane encore plus douloureux et durables que ceux qu'ils sont censés remplacer, à commencer par une nouvelle taxe douanière mondiale de 10 % qui entrerait en vigueur mardi 24 février. Quelles que soient les voies de contournement qu'il aura choisies, elles seront désormais encadrées par un Congrès au sein duquel Donald Trump risque d'avoir beaucoup moins de marge de manœuvre en cas de défaite aux élections de mi-mandat en novembre.

La décision de la Cour suprême peut être interprétée comme un encouragement à ce que les élus exercent pleinement leur rôle face à un hyperprésidentialisme qui se heurte enfin à des limites. Une excellente nouvelle pour la démocratie américaine et un rappel salutaire des équilibres institutionnels.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale