Alors que les incendies ravagent le Var et d'autres régions, Jean-Louis Masson, président du conseil départemental du Var, a lancé un appel pressant pour une réforme du mode de financement des Services départementaux d'incendie et de secours (Sdis). Dans un communiqué transmis à Var-matin, il dénonce une situation intenable et exige une réponse forte de l'État.
Un financement reposant uniquement sur les départements jugé obsolète
Actuellement, ce sont les conseils départementaux qui assument la charge financière des Sdis. Jean-Louis Masson souligne que « les incendies qui touchent notre pays rappellent l'engagement exemplaire de nos sapeurs-pompiers et de l'ensemble des personnels des Sdis ». Il ajoute : « Dans le Var, département particulièrement exposé au risque incendie, notre Sdis est sollicité de manière intensive et continue. Cette réalité impose une réponse forte et durable de l'État. »
Le président du Var insiste sur la nécessité de trouver une ressource pérenne, évoquant une évolution de la TSCA (taxe sur les compagnies d'assurance) ou d'autres leviers. Il précise que « toute hausse de la TSCA sans prise en compte de l'équilibre financier global des Départements serait inacceptable. Les Départements ne peuvent être contournés ni fragilisés alors qu'ils assurent déjà l'essentiel de l'effort. »
Des dépenses sociales en forte hausse, des recettes insuffisantes
Jean-Louis Masson élargit le débat au financement global des départements. Selon lui, « il est impératif de mettre fin à la logique qui consiste à faire porter aux Départements le redressement des finances publiques de l'État, alors même qu'ils subissent une hausse massive des dépenses sociales sans disposer d'autonomie fiscale. » Il chiffre cette dérive : « En deux ans, ces dépenses ont augmenté au niveau national de 3,8 milliards d'euros, quand les recettes des DMTO (droits de mutation à titre onéreux) n'ont progressé que de 590 millions d'euros : une situation intenable. »
Les propositions des Départements de France
Le 22 juillet, François Sauvadet, président de l'Assemblée des Départements de France, a présenté au Premier ministre les propositions de l'exécutif des Départements de France : abandon du dispositif DILICO (dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales), refus de toute nouvelle péréquation horizontale, maintien du fonds de sauvegarde, sécurisation des allocations individuelles de solidarité via une part de CSG et un renforcement de la participation de l'État, et garantie d'un financement stable. Jean-Louis Masson reprend ces points et demande : « Le gouvernement doit désormais traduire ces engagements en décisions concrètes. » Il conclut : « Les Départements continueront d'assumer leurs responsabilités, mais ils ne peuvent plus le faire seuls. Il en va de la sécurité de nos concitoyens et de la cohésion de nos territoires. »
Le rôle des communes et le Beauvau de la sécurité civile
La sénatrice du Var Françoise Dumont, rapporteure du budget de la sécurité civile au Sénat, travaille également sur ce sujet. En avril, lors de l'assemblée générale de l'association départementale des CCFF à Roquebrune-sur-Argens, elle avait déclaré : « C'est mon rôle de dire les choses : notre modèle de sécurité civile, dans son financement, arrive à bout de souffle. » Elle rappelle que ce financement est porté par l'État, les départements, « mais aussi et surtout par les communes », créant d'importantes difficultés budgétaires pour les municipalités.
En 2024, une grande consultation nationale appelée « Beauvau de la sécurité civile » avait été menée. Ses conclusions, présentées en septembre 2025, exposent « une série de mesures urgentes, pertinentes, utiles, pour donner du souffle et de l'agilité au financement de notre sécurité civile ». Une grande loi de modernisation était attendue mais n'a pas été inscrite au programme d'étude du Parlement, ce que la sénatrice avait alors l'intention de « dénoncer devant le ministre de l'Intérieur ».



