Sondage YouGov : 56% des Américains désapprouvent Trump, une politique qui creuse les inégalités
56% des Américains désapprouvent Trump, politique inégalitaire

Un désaveu majoritaire pour l'action de Donald Trump selon les derniers sondages

Les derniers sondages YouGov réalisés pour The Economist révèlent une désapprobation croissante de l'action présidentielle de Donald Trump. En effet, 56% des Américains expriment leur désaccord avec sa politique, tandis que seulement 37% l'approuvent. Ce rejet traverse les principales préoccupations économiques du pays.

Les points de friction économiques entre républicains et démocrates

L'inflation constitue une inquiétude majeure pour l'ensemble des électeurs, mais les priorités divergent selon les affiliations politiques. Les électeurs républicains identifient l'inflation et l'emploi comme les problèmes économiques les plus pressants. De leur côté, les électeurs démocrates pointent du doigt l'inflation, le système de santé et les droits civiques.

Fait notable : la gestion économique du président Trump est également critiquée par une partie de sa propre base électorale républicaine, révélant des fractures au sein de son camp traditionnel.

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Le « One Big Beautiful Bill Act » : une réforme aux conséquences sociales lourdes

Les politiques concrètes mises en œuvre par l'administration Trump, notamment via le « One Big Beautiful Bill Act », ont eu des effets particulièrement défavorables pour les électeurs à faible revenu qui constituent pourtant une part significative de son électorat.

Cette législation prévoit :

  • Une réduction substantielle des dépenses de Medicaid, le programme d'assurance maladie pour les personnes modestes
  • Des coupes dans le Supplemental Nutrition Assistance Program, l'aide alimentaire aux plus démunis
  • La prolongation des baisses d'impôts décidées en 2017

Les conséquences sont chiffrées : près de 9 millions d'Américains pourraient perdre leur couverture maladie. L'impact sur les revenus est profondément inégalitaire :

  • Les 10% d'Américains les plus aisés voient leur revenu augmenter de 2,7%
  • Les 10% les plus modestes subissent une baisse de 3,1%, principalement due aux réductions de Medicaid

La politique douanière : un facteur d'inflation pénalisant les consommateurs

La hausse des droits de douane constitue un autre volet problématique de cette politique économique. Le taux moyen est passé de 2,2% début 2025 à 17,5% en janvier 2026, avant d'être partiellement réduit à 9,1% suite à une décision de la Cour suprême.

Selon les calculs du Budget Lab de l'université de Yale, cette augmentation a entraîné une hausse de 0,6% des prix intérieurs américains, affectant particulièrement les consommateurs aux revenus modestes qui consacrent une plus grande part de leur budget à la consommation de base.

L'explosion des inégalités de patrimoine et de consommation

La progression spectaculaire des indices boursiers, avec une hausse de 23,3% du Nasdaq sur un an, a considérablement accru les inégalités patrimoniales. Les 10% d'Américains les plus fortunés détiennent désormais 87% de la capitalisation boursière.

Cette concentration de la richesse se traduit par des disparités criantes dans la capacité de consommation :

  • Les 10% les plus riches ont augmenté leurs dépenses de 18,7%
  • Les 90% les plus pauvres n'ont pu accroître leur consommation que de 0,5%

Les inégalités de revenu atteignent des niveaux historiques : les 1% les plus aisés disposent d'un revenu 30 fois supérieur au revenu médian américain.

L'éducation comme facteur d'inégalité salariale croissante

L'évolution des salaires contribue également à cet accroissement des disparités. En 2025 :

  • Les titulaires d'un diplôme universitaire ont vu leur salaire augmenter de 5,6%
  • L'ensemble des Américains n'a bénéficié que d'une hausse de 3,8%

Depuis 2017, seuls les détenteurs d'une licence ou d'un diplôme supérieur ont connu une progression de leurs revenus, tandis que pour tous les autres, les revenus nominaux sont restés stables.

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Le paradoxe électoral : les plus pauvres votent pour ceux qui les appauvrissent

L'analyse des données électorales révèle un paradoxe troublant : les Américains à faible revenu, principaux perdants des politiques trumpistes, constituent une part croissante de son électorat. De 2020 à 2024, la proportion des personnes gagnant moins de 50 000 dollars par an votant pour Trump a augmenté de 14 points.

Cette tendance pose une question fondamentale pour l'avenir politique américain : les électeurs modestes continueront-ils à soutenir le Parti républicain lors des élections de mi-mandat du 3 novembre 2026, malgré le constat que les politiques menées depuis l'arrivée de Trump à la Maison Blanche ont systématiquement défavorisé leurs intérêts économiques ?

Le vote des classes populaires pour des politiques qui accentuent leur précarité économique représente un défi majeur pour la démocratie américaine et interroge sur la persistance de ce phénomène dans le paysage politique futur.