Freedom House tire la sonnette d'alarme sur l'érosion des libertés aux États-Unis
L'organisation non gouvernementale américaine Freedom House a publié un rapport alarmant jeudi, indiquant que le degré de liberté aux États-Unis a atteint son niveau le plus bas jamais enregistré depuis la création de son index en 1972. L'ONG, basée à Washington et spécialisée dans la défense des libertés individuelles, pointe du doigt une dérive autoritaire sous l'administration de Donald Trump comme principal facteur de ce recul préoccupant.
Un score historique en chute libre
Selon les données dévoilées, les États-Unis ont conservé la mention « libre » mais leur note est tombée à seulement 81 points sur 100. Ce score représente leur plus faible performance depuis près de cinquante ans et les place désormais au même niveau que l'Afrique du Sud, tout en se situant en dessous de plusieurs alliés européens ainsi que de la Corée du Sud et du Panama.
Freedom House établit chaque année un classement mondial basé sur un index évaluant le degré de démocratie et les libertés civiles dans chaque pays. L'organisation à but non lucratif, qui reçoit traditionnellement des subventions du gouvernement américain, a vu ces financements réduits sous l'administration Trump, laquelle ne fait plus de la promotion de la démocratie une priorité.
Les causes structurelles du recul démocratique
Le rapport identifie plusieurs facteurs expliquant cette érosion des libertés aux États-Unis :
- Le dysfonctionnement chronique du pouvoir législatif
- La domination excessive du pouvoir exécutif
- La pression croissante sur la liberté d'expression des citoyens
- Les efforts déployés par la nouvelle administration pour saper les mesures de lutte contre la corruption
Depuis son retour au pouvoir il y a plus d'un an, le président Donald Trump a notamment ordonné la fermeture d'agences gouvernementales entières et déployé à travers le pays des agents anti-immigration armés et masqués, des mesures qui contribuent selon l'ONG à cette dérive autoritaire.
Un contexte mondial préoccupant
La baisse de trois points enregistrée par les États-Unis n'a été égalée que par un seul autre pays classé comme « libre » : la Bulgarie, où les élections de 2024 ont été entachées par des allégations de fraude. À l'échelle mondiale, la liberté s'est érodée pour la vingtième année consécutive en 2025, un « triste jalon » selon Freedom House.
Cathryn Grothe, analyste chez Freedom House et co-auteure du rapport, souligne que « le monde devient de moins en moins libre, la zone intermédiaire se rétrécit, tandis que les pays libres restent relativement stables ». Elle ajoute qu'au cours des deux dernières décennies, « beaucoup plus de pays ont rétrogradé dans la catégorie « non libres » que ceux qui se sont démocratisés ».
Quelques lueurs d'espoir dans un tableau sombre
Malgré ce constat globalement négatif, le rapport note quelques évolutions positives :
- La Bolivie et le Malawi sont passés de la catégorie « partiellement libres » à celle de « libres » après avoir organisé des élections compétitives
- Les Fidji ont également rejoint la catégorie des pays « libres » grâce au renforcement de l'état de droit
- La Finlande conserve sa note parfaite de 100 points pour la liberté
À l'opposé du spectre, seul le Soudan du Sud a reçu la note minimale de 0. Dans l'ensemble, seulement 21% de la population mondiale vit aujourd'hui dans des pays classés comme « libres », un chiffre qui illustre l'ampleur des défis démocratiques à l'échelle planétaire.



