Exécution d'un Irano-Suédois en Iran : une condamnation internationale unanime
Un ressortissant irano-suédois a été exécuté mercredi en Iran, suscitant une vague de condamnations fermes de la part de la Suède et de l'Union européenne. Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie européenne, a qualifié cet acte de « brutal de violence insensée », dénonçant avec véhémence la situation épouvantable des droits de l'homme dans le pays et l'augmentation alarmante du nombre d'exécutions, qu'elle estime révéler le vrai visage du régime iranien.
Les accusations d'espionnage au cœur de l'affaire
Kourosh Keyvani était accusé par la justice iranienne d'espionnage pour le compte d'Israël. Selon le site Mizan Online, citant des responsables judiciaires, il aurait fourni des images et des informations sur des sites sensibles iraniens à des agents du Mossad. Arrêté en juin 2025 pendant la guerre de 12 jours entre l'Iran et Israël, il aurait été recruté par les services secrets israéliens en 2023, suivi une formation dans plusieurs pays européens et à Tel-Aviv, avant de se rendre en Iran juste avant le conflit.
L'impuissance de la Suède face à l'Iran
La ministre suédoise des Affaires étrangères a révélé avoir tenté en vain d'obtenir un entretien avec son homologue iranien pour demander la suspension immédiate de l'exécution, mais ce dernier n'a pas été disponible. La Suède avait également sollicité plusieurs demandes d'accès consulaire, rejetées par l'Iran qui ne reconnaît pas la nationalité suédoise de l'individu, obtenue en 2019. Cette situation a compliqué les efforts diplomatiques pour obtenir des informations et intervenir.
Un autre Irano-Suédois, Ahmadreza Djalali, reste emprisonné en Iran depuis près de dix ans, condamné en 2017 pour intelligence avec le Mossad, illustrant la récurrence de ces accusations.
Un contexte d'exécutions massives et d'arrestations
Cette exécution est la première annoncée par l'Iran depuis le début de la guerre lancée par Israël et les États-Unis le 28 février. Cependant, selon l'ONG Iran Human Rights, deux autres personnes ont été pendues en 2026 pour « espionnage », et au moins treize exécutions similaires ont été recensées en 2025. Pendant la guerre de 12 jours, de nombreuses arrestations ont eu lieu pour espionnage présumé en faveur d'Israël, et récemment, des médias locaux ont rapporté l'arrestation de centaines de personnes soupçonnées de collaboration avec Israël et les États-Unis.
Dimanche, le chef de la police iranienne a évoqué l'arrestation de 500 individus, accusés d'espionnage et d'avoir transmis des informations à l'ennemi et aux médias anti-iraniens, soulignant l'intensification de la répression dans le pays.



