L'affaire Patrick Bruel, visé par quatre enquêtes pour viols en France et une enquête judiciaire en Belgique pour agression sexuelle, continue de faire des vagues. Trente femmes accusent le chanteur et comédien de violences sexuelles sur les trente-cinq dernières années. Parmi elles, l'animatrice Flavie Flament, qui a déposé une plainte pour un viol qu'elle affirme avoir subi en 1991, alors qu'elle était mineure de 16 ans et lui âgé de 32 ans. L'avocat de l'artiste a tenté de minimiser les faits en affirmant que Patrick Bruel « faisait beaucoup moins » que son âge à l'époque.
Un système de violences sexistes
Pour Mélanie Gourarier, anthropologue spécialiste des masculinités, cette affaire est symptomatique d'un système. Interrogée par Journal FR, elle explique : « Quand on qualifiait Patrick Bruel de séducteur il y a vingt ans, on savait tous très bien ce que ça voulait dire. Cela renvoyait à un comportement prédateur, mais on le valorisait. » Selon elle, le cas de Patrick Bruel ressemble à celui d'autres célébrités françaises, comme Gérard Depardieu ou Luc Besson, car il s'inscrit dans un contexte où les violences sexuelles sont banalisées et où les victimes peinent à être entendues.
Une présomption d'innocence respectée
Patrick Bruel, qui n'a pas encore été entendu par la justice, est présumé innocent. Mais pour Gourarier, l'accumulation des témoignages est frappante : « Le nombre de femmes qui témoignent montre un schéma récurrent. Ce n'est pas une simple affaire isolée. » Elle souligne que la société a longtemps fermé les yeux sur ces comportements, protégeant les hommes puissants.
Un appel à la prise de conscience
L'anthropologue appelle à une remise en question collective : « Il ne s'agit pas seulement de punir les agresseurs, mais de déconstruire un système qui permet ces violences. » Elle rappelle que depuis le mouvement #MeToo, des progrès ont été faits, mais que le chemin est encore long. « Les affaires comme celle de Patrick Bruel nous rappellent que le patriarcat est toujours bien ancré », conclut-elle.



