Le 20 mai 2025, Yaïr Golan, leader de la gauche israélienne et ancien numéro 2 de l'armée, a provoqué un séisme politique en déclarant : « Un pays sain ne fait pas la guerre à des civils, n’a pas pour hobby de tuer des bébés et ne se fixe pas pour objectif d’expulser des populations. » Cette sortie, prononcée peu après le lancement de l’opération « Chariots de Gédéon » dans la bande de Gaza, a brisé un tabou en questionnant publiquement l’action militaire israélienne.
Réactions violentes de la coalition au pouvoir
Les réactions de la coalition de droite et d’extrême droite au pouvoir ont été d’une violence inouïe. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a répondu : « Il n’y a pas de limite à la décadence morale. » Itamar Ben Gvir, ministre suprémaciste chargé de la Sécurité nationale, a accusé le général à la retraite de trahison. Cette polémique a relancé le débat sur la place de la gauche en Israël, affaiblie depuis des années.
Les Démocrates : un espoir pour le camp progressiste
À trois mois des élections, le parti Les Démocrates, dirigé par Yaïr Golan, est crédité de 10 sièges dans les sondages. Ce score, bien que modeste, pourrait permettre au parti de rejoindre une coalition d’opposition pour contrer Netanyahou. Golan, héros du 7-Octobre pour avoir organisé la défense civile lors de l’attaque du Hamas, incarne un renouveau pour la gauche israélienne.
Un parcours militaire et politique singulier
Yaïr Golan, 63 ans, a été chef d’état-major adjoint de l’armée israélienne. Après sa retraite, il s’est engagé en politique, d’abord au sein du parti Meretz, puis en fondant Les Démocrates en 2024. Son discours critique envers la politique de Netanyahou et son passé militaire lui confèrent une crédibilité unique. « Israël a besoin d’une voix qui défende la paix et la justice, pas l’occupation », a-t-il déclaré lors d’un rassemblement à Tel-Aviv le 1er novembre 2025, en mémoire d’Yitzhak Rabin.
Un contexte électoral tendu
Les élections israéliennes de 2026 se déroulent dans un climat de crise politique et sociale. La guerre à Gaza, les tensions avec l’Iran et les divisions internes affaiblissent le gouvernement sortant. Les Démocrates espèrent capitaliser sur le mécontentement des électeurs modérés et des Arabes israéliens. « Nous pouvons faire la différence », assure Golan, qui mise sur une alliance avec Yesh Atid et le Parti travailliste.
L'impact de la déclaration de mai 2025
La déclaration de Golan a non seulement provoqué des remous politiques, mais aussi un débat au sein de la société israélienne. Selon un sondage réalisé en juin 2025 par l’Institut israélien de la démocratie, 42 % des Israéliens estiment que les critiques de Golan étaient justifiées. « Il a osé dire ce que beaucoup pensent tout bas », commente un analyste politique. Cette prise de position pourrait attirer des électeurs déçus par la droite.
Perspectives pour la gauche israélienne
Bien que les sondages restent favorables à Netanyahou, la percée des Démocrates pourrait rebattre les cartes. Si Golan parvient à unir la gauche et le centre, il pourrait jouer un rôle clé dans la formation du prochain gouvernement. « La gauche n’est pas morte, elle a besoin d’un leader courageux », estime un militant. Reste à savoir si les électeurs suivront.



