Trump hué à New York : la guerre en Iran plombe sa popularité
Trump hué à New York : la guerre en Iran plombe sa popularité

Personne ne saura jamais précisément le sens des huées venues des tribunes à New York, un après-midi de finale de Coupe du monde de foot, à l'encontre Donald Trump : sa proximité affichée avec le très décrié patron de la Fifa, le prix vertigineux de l'essence aux États-Unis – qui a franchi le seuil des 90 dollars le baril – ou sa politique étrangère toujours plus erratique. À moins qu'il s'agisse un peu des trois à la fois…

Un enlisement iranien aux conséquences multiples

Moins d'un mois après avoir accepté un cessez-le-feu – déjà caduc – et ouvert une négociation de soixante jours – qui ne convainc personne –, le locataire de la Maison-Blanche s'embourbe un peu plus chaque jour dans le dossier iranien. Aux frappes américaines contre des cibles militaires et des infrastructures civiles (ponts, aéroports, gares) – dont la population iranienne risque, une nouvelle fois, d'être la grande victime –, Téhéran rend coup pour coup avec des tirs incessants de drones et missiles sur les pays alliés de Washington dans le Golfe.

Une flambée militaire qui a déjà considérablement alourdi le prix de la guerre pour les États-Unis avec la mort de trois nouveaux soldats américains. La stratégie des deux belligérants est simple : Téhéran veut convaincre Washington qu'une pression prolongée, via le blocage du détroit d'Ormuz, finira par alimenter un spectre inflationniste trop coûteux pour le locataire de la Maison-Blanche. Washington mise, lui, sur un épuisement des ressources économiques et militaires de l'Iran, offrant ainsi sur un plateau une capitulation sur les questions nucléaires et balistiques.

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La résignation des électeurs américains

Mais dans les faits, celui qui a le plus à perdre à court terme, c'est bien Donald Trump, dont les records d'impopularité frisent déjà ceux de Joe Biden après l'échec afghan de 2021. À moins de quatre mois des élections de mi-mandat, les électeurs américains affichent leur résignation quant à la résolution de cette situation chaotique au Moyen-Orient : quatre sur cinq estiment que la guerre durera « une période prolongée » (sondage Reuters/Ipsos), quand près de la moitié pense qu'elle s'éternisera « pendant un an ou plus » (sondage The Economist/YouGov).

Leurs craintes ne sont pas infondées. Si Trump, comme les Iraniens, jouent aujourd'hui la partition d'un nouveau bras de fer stratégique, l'idée d'une guerre sans fin s'installe. « C'est une épreuve d'endurance, où la capacité à maintenir la pression devient tout aussi déterminante que les négociations elles-mêmes. Si la dynamique perdure sans avancées diplomatiques significatives, cela risque d'évoluer vers une guerre d'usure », estime Mohammad Zahid, chercheur spécialiste du Moyen-Orient à Rasanah, un think tank basé en Arabie saoudite.

Un désastre électoral en perspective

Face à un régime des mollahs qui a déjà prouvé sa capacité à encaisser la douleur de deux offensives militaires majeures en l'espace d'un an, Trump se retrouve aujourd'hui bien désœuvré. À moins de sombrer dans la surenchère et d'envoyer des troupes au sol – une option que Washington exclut pour l'instant. Conséquence de ce naufrage stratégique : un désastre électoral que les sondeurs lui prédisent aux midterms et une fracture de plus en plus béante avec la ligne isolationniste des « Maga ».

L'un de ses porte-voix, le journaliste Tucker Carlson, vient justement de claquer la porte des républicains avec perte et fracas, estimant que le parti a « trahi » les Américains au profit d'Israël. Ce qui fait dire à Curt Mills, rédacteur en chef de The American Conservative, autre figure du camp isolationniste, que Trump, gagné par son hubris, « est comme Icare face au soleil avec cette histoire ; on dirait une vendetta personnelle contre les Iraniens. » Et si, parmi les huées entendues dimanche dans les travées du stade new-yorkais, certaines étaient venues de son propre camp ?

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