Au Liban, trois villages chrétiens enclavés dans la zone occupée par Israël vivent en sursis
Trois villages chrétiens libanais enclavés en zone occupée par Israël

Depuis des mois, les habitants de trois villages chrétiens du sud du Liban, situés dans la zone occupée par Israël, vivent dans un état de siège permanent. Rmeich, Qantara et Debel, enclavés derrière les lignes israéliennes, sont coupés du reste du pays. « Nous sommes comme emprisonnés, assiégés », confie un habitant de Rmeich, sous couvert d'anonymat.

Un blocus qui étrangle la vie quotidienne

Les accès aux villages sont contrôlés par l'armée israélienne, qui impose des restrictions sévères aux déplacements. Les résidents doivent obtenir des permis spéciaux pour quitter leur localité, et les marchandises, y compris les denrées alimentaires et les médicaments, peinent à entrer. Selon des sources locales, le nombre de permis accordés a chuté de 80 % depuis le début de l'année 2026, aggravant l'isolement.

« Nous ne pouvons même pas aller travailler dans les villes voisines », témoigne un agriculteur de Qantara. Les champs, autrefois fertiles, sont en grande partie inaccessibles, et la récolte d'olives, principale ressource de la région, a été réduite de moitié cette année. L'économie locale est exsangue.

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Une situation humanitaire précaire

Les organisations humanitaires peinent à acheminer de l'aide. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a signalé que ses convois sont régulièrement bloqués aux checkpoints. « Nous avons besoin d'un accès humanitaire immédiat et sans entrave », a déclaré un porte-parole du CICR. Environ 3 000 personnes vivent dans ces trois villages, dont une majorité de personnes âgées et d'enfants.

Les écoles ont dû fermer par manque d'élèves et d'enseignants, et le seul centre de santé de la zone manque de fournitures de base. « Nous n'avons plus de médicaments pour les maladies chroniques, comme le diabète ou l'hypertension », alerte un médecin local.

Un sentiment d'abandon

Les habitants se sentent oubliés par le gouvernement libanais, qui n'a pas les moyens d'intervenir militairement dans la zone. « Beyrouth nous a abandonnés », déplore un conseiller municipal de Debel. Les appels à l'aide internationale se multiplient, mais sans résultat concret.

La situation est d'autant plus précaire que ces villages sont pris entre deux feux : d'un côté, l'occupation israélienne, de l'autre, la présence du Hezbollah dans les zones limitrophes. Les échanges de tirs entre l'armée israélienne et le Hezbollah ont fait plusieurs victimes civiles dans la région ces derniers mois.

Un espoir ténu

Malgré tout, les villageois tentent de maintenir une vie normale. Les églises restent ouvertes, et les mariages et baptêmes se déroulent dans l'intimité. « Nous prions pour que la paix revienne », confie un prêtre de Rmeich. Mais l'horizon semble bouché. Les négociations de cessez-le-feu n'ont pas abouti, et l'armée israélienne a renforcé ses positions.

Selon des analystes, la situation de ces villages chrétiens illustre l'impasse du conflit israélo-libanais. « Ils sont les otages d'une guerre qui les dépasse », résume un expert. En attendant, la vie en sursis continue, dans l'ombre de l'occupation.

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