L'armée libanaise a officiellement lancé, ce mercredi 22 juillet, la mise en place de zones pilotes dans le sud du Liban, marquant le premier test concret de l'accord-cadre signé avec Israël sous l'égide des Nations unies. Cette initiative vise à stabiliser la frontière entre les deux pays, encore marquée par des tensions historiques.
Un déploiement progressif sous supervision de l'ONU
Selon un communiqué de l'armée libanaise, les premières unités ont été déployées dans trois secteurs pilotes définis en coordination avec la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL). Ces zones, situées dans les régions de Kfarchouba, Chebaa et Mays al-Jabal, couvrent une superficie totale d'environ 15 kilomètres carrés. Le général Joseph Aoun, commandant en chef de l'armée libanaise, a déclaré : « Ce déploiement est une étape cruciale pour affirmer la souveraineté de l'État sur l'ensemble de son territoire et pour prévenir toute escalade. »
Les modalités de l'accord-cadre
L'accord-cadre, conclu en juin dernier après des mois de négociations médiatisées par les États-Unis et la France, prévoit un retrait progressif des forces israéliennes des zones contestées et le déploiement simultané de l'armée libanaise. En échange, le Hezbollah s'est engagé à ne pas mener d'opérations militaires dans ces zones. Un haut responsable onusien, sous couvert d'anonymat, a précisé : « La FINUL surveillera le respect des engagements par les deux parties et interviendra en cas de violation. »
Des défis logistiques et politiques
Le déploiement n'est pas sans difficultés. L'armée libanaise doit faire face à un manque de ressources, notamment en équipements de surveillance et en véhicules blindés. Selon des sources militaires, seuls 500 soldats ont été déployés sur les 2 000 initialement prévus. Par ailleurs, la méfiance persiste au sein de la population locale, certains habitants craignant que ces zones pilotes ne deviennent des « zones tampons » permanentes. « Nous voulons la paix, mais pas au prix de notre terre », a déclaré un agriculteur de Kfarchouba, qui a requis l'anonymat.
Réactions internationales
La communauté internationale a salué cette avancée. Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a exprimé son soutien dans un communiqué, qualifiant le lancement des zones pilotes de « pas important vers une stabilité durable ». De son côté, le département d'État américain a appelé les deux parties à « maintenir le dialogue et à éviter toute action unilatérale ». Toutefois, des analystes restent prudents. « Le succès de ces zones dépendra de la volonté politique des deux camps et de la capacité de la FINUL à faire respecter l'accord », estime Karim Bitar, chercheur à l'Institut français des relations internationales (IFRI).
Un test pour l'avenir
Les trois zones pilotes serviront de modèle pour un éventuel élargissement à l'ensemble de la frontière. Si l'expérience est concluante, un second déploiement est prévu d'ici la fin de l'année, couvrant 30 % de la ligne de démarcation. En cas d'échec, l'accord-cadre pourrait être remis en cause, ravivant les tensions entre le Liban et Israël. Pour l'heure, les regards sont tournés vers le sud du pays, où l'avenir de la paix régionale se joue en partie.



