Au moins quatorze civils ont été tués lors d'une attaque menée par les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) dans la région du Kordofan du Nord, au Soudan. Le bilan, rapporté par l'Agence France-Presse (AFP) samedi 15 août 2026, reste provisoire alors que les opérations de secours se poursuivent sur place.
Une attaque meurtrière dans le Kordofan du Nord
L'attaque s'est déroulée dans le village d'El Kuma, situé dans la région du Kordofan du Nord, une zone sous contrôle des FSR depuis plusieurs mois. Selon des témoins cités par l'AFP, les paramilitaires ont ouvert le feu sur des civils, provoquant la mort d'au moins quatorze personnes. Un responsable local, qui a requis l'anonymat, a confirmé le bilan et précisé que plusieurs autres personnes ont été blessées et transportées vers un hôpital de la ville voisine d'El Obeid.
Le Kordofan du Nord est une région stratégique, riche en ressources agricoles, et a été le théâtre de violents affrontements entre les FSR et l'armée soudanaise depuis le début du conflit en avril 2023. Les FSR, dirigées par le général Mohamed Hamdan Daglo, dit Hemedti, ont étendu leur emprise sur plusieurs zones du pays, notamment le Darfour et le Kordofan.
Un contexte de guerre civile meurtrière
Cette attaque s'inscrit dans un conflit plus large qui oppose les FSR à l'armée régulière du général Abdel Fattah al-Burhan. Depuis le début des hostilités, des milliers de civils ont été tués et des millions déplacés, selon les Nations unies. La guerre a également provoqué une grave crise humanitaire, avec des pénuries de nourriture et de médicaments, notamment dans les zones assiégées.
Les FSR ont été accusées à plusieurs reprises de violations des droits de l'homme, notamment des exécutions sommaires, des viols et des pillages. En juin dernier, l'ONU avait déjà dénoncé une attaque similaire dans le Darfour, où plus de 150 personnes avaient été tuées. Les groupes de défense des droits de l'homme appellent à une enquête indépendante sur les récentes violences au Kordofan du Nord.
Réactions et conséquences humanitaires
Le gouverneur du Kordofan du Nord, nommé par l'armée, a condamné l'attaque dans un communiqué, la qualifiant de « crime de guerre ». Il a appelé la communauté internationale à agir pour protéger les civils. De son côté, l'armée soudanaise a promis de renforcer sa présence dans la région, mais les FSR contrôlent toujours la plupart des routes principales.
Sur le plan humanitaire, cette nouvelle violence risque d'aggraver la situation déjà critique. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 10 millions de personnes ont besoin d'aide humanitaire au Soudan. Les organisations locales tentent de porter secours aux blessés, mais l'accès est limité en raison de l'insécurité. L'ONU a réitéré son appel à un cessez-le-feu immédiat et à la reprise des négociations de paix, actuellement suspendues.
Alors que le conflit entre dans sa troisième année, la communauté internationale reste divisée sur la manière d'intervenir. Les pays voisins, comme le Tchad et l'Égypte, accueillent des centaines de milliers de réfugiés, tandis que les efforts diplomatiques, menés notamment par l'Arabie saoudite et les États-Unis, n'ont pas abouti à une trêve durable. Le bilan humain ne cesse de s'alourdir, et chaque attaque comme celle d'El Kuma rappelle l'urgence d'une solution politique.



