Philippines : Sara Duterte inculpée pour menaces sur Marcos
Philippines : Sara Duterte inculpée pour menaces

Le parquet philippin a annoncé, mardi 11 août, l'inculpation de la vice-présidente Sara Duterte pour menaces contre le président Ferdinand Marcos Jr. Cette décision intervient après des propos tenus en juin dernier, dans lesquels elle évoquait un possible assassinat du chef de l'État.

Des propos jugés menaçants

Le 19 juin, lors d'un discours, Sara Duterte avait déclaré avoir donné des instructions à un tueur à gages pour assassiner le président, sa femme et le président de la Chambre des représentants, si elle-même venait à être tuée. Ces propos, rapportés par les médias locaux, avaient immédiatement suscité une vive polémique dans le pays.

Le ministère de la Justice a estimé que ces déclarations constituaient une menace grave et ont décidé de poursuivre la vice-présidente. Selon le parquet, l'inculpation repose sur des éléments concrets, notamment des enregistrements vidéo et des témoignages.

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Une procédure de destitution possible

Cette inculpation pourrait déboucher sur une procédure de destitution. En effet, la Constitution philippine prévoit que la vice-présidente peut être destituée pour « trahison, corruption, ou autres crimes graves ». Les avocats de Sara Duterte ont annoncé qu'ils contesteraient l'inculpation, dénonçant une « instrumentalisation de la justice à des fins politiques ».

Le président Ferdinand Marcos Jr. n'a pas réagi publiquement à cette annonce. Toutefois, des sources proches de la présidence indiquent qu'il soutient la démarche du parquet, considérant que les propos de la vice-présidente sont « inacceptables ».

Des tensions politiques croissantes

Cette affaire s'inscrit dans un contexte de fortes tensions entre Sara Duterte et Ferdinand Marcos Jr. Les deux dirigeants, qui étaient alliés lors de la campagne présidentielle de 2022, se sont progressivement opposés sur plusieurs dossiers, notamment la politique étrangère et la lutte contre la drogue.

La vice-présidente, fille de l'ancien président Rodrigo Duterte, conserve une popularité importante dans le sud du pays. Son inculpation pourrait toutefois affaiblir sa position politique et ouvrir la voie à une procédure de destitution. Selon un sondage récent, 45 % des Philippins estiment qu'elle devrait démissionner si elle est reconnue coupable.

L'audience préliminaire est fixée au 5 septembre. D'ici là, Sara Duterte reste en fonction, mais elle pourrait être suspendue si le tribunal le juge nécessaire. Cette affaire est suivie de près par la communauté internationale, qui craint une déstabilisation politique dans un pays clé de l'Asie du Sud-Est.

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