Ouganda : une répression politique qui s'intensifie après la réélection contestée
En Ouganda, le régime de Yoweri Museveni, solidement arrimé au pouvoir depuis près de quarante années, maintient une pression constante sur l'opposition malgré sa victoire écrasante et programmée à l'élection présidentielle du 15 janvier 2026. Cette répression politique orchestrée par un gouvernement autoritaire ne s'est pas arrêtée avec ce scrutin, considéré par beaucoup comme un simulacre de démocratie.
Un bilan humain alarmant et des emprisonnements massifs
Depuis cette élection présidentielle, plusieurs dizaines de contestataires ont été tués dans des violences politiques, tandis que des centaines d'autres croupissent actuellement dans les prisons ougandaises. Ce climat de terreur et d'étouffement démocratique est particulièrement illustré par le sort réservé aux deux principales figures de l'opposition nationale.
Robert Kyagulanyi, plus connu sous le nom de Bobi Wine, vit caché depuis maintenant un mois complet, fuyant activement la traque implacable des services de sécurité ougandais. Cette chasse à l'homme a été lancée personnellement par Muhoozi Kainerugaba, le chef d'état-major des armées et successeur putatif de son propre père, le président Museveni.
Kizza Besigye face à une justice militaire taillée sur mesure
L'autre figure emblématique de l'opposition, Kizza Besigye, attend quant à lui dans sa cellule le début de son procès devant une juridiction spécialement conçue pour réprimer les dissidents. Accusé de haute trahison sur la base de faits qu'il conteste fermement, il sera jugé par des militaires réunis en cour martiale, et non par un tribunal civil comme le recommandait pourtant un arrêt de la Cour suprême rendu en janvier 2025.
Le Parlement ougandais, qui fonctionne essentiellement comme une chambre d'enregistrement des consignes présidentielles, a récemment adopté une loi permettant à nouveau aux cours militaires de juger des civils accusés de faits menaçant la sécurité de l'État. Cette manœuvre législative contourne délibérément la décision de la Cour suprême et renforce considérablement l'appareil coercitif du régime.
Une contestation juridique sans grand espoir
Mercredi 11 février 2026, les avocats de Kizza Besigye ont officiellement contesté la constitutionnalité de cette nouvelle loi devant les tribunaux. Cependant, ils nourrissent peu d'espoir d'être entendus dans un système judiciaire largement inféodé au pouvoir exécutif. Cette situation démontre la polyvalence et l'efficacité de l'appareil répressif ougandais, capable d'utiliser simultanément la force brute, la persécution judiciaire et la manipulation législative pour neutraliser toute opposition crédible.
Le régime de Museveni continue ainsi de consolider son emprise sur le pays, utilisant tous les leviers institutionnels et sécuritaires à sa disposition pour étouffer les voix dissidentes et perpétuer un système politique verrouillé depuis quatre décennies. La communauté internationale observe avec inquiétude cette dérive autoritaire qui semble s'accélérer depuis la réélection controversée du président sortant.



