Au Liban, Nabih Berri, l’inamovible chef du Parlement, reste au centre du jeu politique
Nabih Berri, l’inamovible chef du Parlement libanais

Nabih Berri, figure incontournable de la scène politique libanaise depuis des décennies, a été réélu à la présidence du Parlement le 23 juin 2026, pour un septième mandat consécutif. À 88 ans, il conserve ainsi un poste clé dans un pays en proie à une profonde crise économique et politique. Son maintien à la tête de l’Assemblée nationale illustre la persistance des équilibres confessionnels et des alliances complexes qui régissent le Liban.

Un parcours politique sans faille

Nabih Berri, leader du mouvement Amal, est une figure centrale de la communauté chiite libanaise. Il occupe la présidence du Parlement depuis 1992, un record dans le pays. Sa réélection a été acquise grâce au soutien des principaux blocs politiques, dont le Hezbollah et le Courant patriotique libre. Selon des sources parlementaires, il a obtenu 65 voix sur 128, un score qui reflète à la fois son ancrage et les divisions persistantes.

Son rôle dépasse largement celui de simple président de l’Assemblée. Il est considéré comme un médiateur incontournable dans les négociations entre les différentes factions, notamment pour la formation du gouvernement et l’élection présidentielle, vacante depuis 2022. « Berri est le gardien des équilibres, sans lui, le système s’effondrerait », a déclaré un analyste politique local.

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Un contexte de crise multidimensionnelle

Le Liban traverse l’une des pires crises de son histoire, avec une inflation galopante, une dévaluation de la livre libanaise de plus de 90 % depuis 2019, et une pauvreté touchant plus de 80 % de la population. La classe politique est accusée d’immobilisme et de corruption, mais Berri parvient à rester au centre du jeu. Son expérience et sa maîtrise des procédures parlementaires sont souvent mises en avant par ses partisans.

Sa réélection intervient alors que les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) sont au point mort, faute de réformes structurelles. Les députés indépendants et certains représentants de la société civile ont dénoncé un statu quo, mais sans parvenir à faire barrage.

Les défis à venir

Le nouveau mandat de Berri s’annonce semé d’embûches. Il devra gérer les tensions autour de la présidentielle, la mise en œuvre des réformes exigées par la communauté internationale, et les pressions populaires. « Il est le symbole d’un système qui refuse de mourir », a commenté un journaliste libanais. Pour l’heure, Nabih Berri reste le maître d’œuvre d’un jeu politique où les cartes sont lentement redistribuées.

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