L'été 2026 restera dans les annales du nucléaire français. En raison de la canicule exceptionnelle qui a frappé le pays, les réacteurs ont connu un taux d'indisponibilité record. Selon EDF, près de 30 % de la capacité nucléaire a été à l'arrêt ou réduite à certains moments, un chiffre jamais vu depuis la création du parc.
Des contraintes thermiques sans précédent
Les centrales nucléaires, notamment celles situées le long des fleuves, ont dû réduire leur production pour respecter les limites de température de rejet d'eau. La canicule a entraîné des températures de l'eau dépassant les seuils réglementaires, forçant EDF à mettre à l'arrêt plusieurs réacteurs. Au plus fort de la vague de chaleur, le 12 août, 14 réacteurs sur 56 étaient à l'arrêt ou en baisse de puissance.
Un impact sur la production électrique
Cette indisponibilité a eu un impact direct sur la production électrique. La production nucléaire a chuté de 15 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années pour la même période. Pour compenser, la France a dû importer de l'électricité de ses voisins, notamment d'Allemagne et d'Espagne, et augmenter la production des centrales à gaz, ce qui a entraîné une hausse des émissions de CO2.
Des records de température de l'eau
Les températures des cours d'eau ont atteint des niveaux records, dépassant parfois de 3°C les normales saisonnières. À la centrale de Golfech, sur la Garonne, la température de l'eau a atteint 28,5°C, un record absolu. EDF a dû activer des procédures d'urgence et des dérogations préfectorales pour maintenir une partie de la production, tout en surveillant attentivement l'impact sur l'environnement.
EDF se défend et anticipe
Interrogé par Libération, un porte-parole d'EDF a déclaré : « Nous avons géré cette situation exceptionnelle avec toutes les garanties de sûreté. Nos équipes ont travaillé 24h/24 pour maintenir la production dans les limites autorisées. » EDF affirme également avoir anticipé ces épisodes de chaleur grâce à des investissements dans des systèmes de refroidissement plus efficaces, mais reconnaît que le changement climatique impose une adaptation à long terme.
Un avenir incertain pour le parc nucléaire
Cet épisode relance le débat sur la vulnérabilité du parc nucléaire face au réchauffement climatique. Les experts soulignent que les épisodes de canicule deviendront plus fréquents et intenses, ce qui pourrait réduire la disponibilité des réacteurs à l'avenir. Certains appellent à une diversification du mix énergétique, tandis que d'autres préconisent d'investir dans des technologies de refroidissement adaptées.
Selon les données de RTE, le gestionnaire du réseau, la disponibilité moyenne du parc nucléaire sur l'été 2026 a été de 72 %, contre 84 % en moyenne les années précédentes. Ce chiffre illustre l'ampleur du phénomène et ses conséquences sur la sécurité d'approvisionnement électrique du pays.



