Au Mali, des attaques coordonnées menées par des djihadistes et leurs alliés ont frappé plusieurs localités ainsi qu'une prison dans le centre du pays, faisant au moins 20 morts, selon des sources sécuritaires et locales. Les assauts, survenus dans la nuit du 3 au 4 juillet 2026, ciblaient notamment la ville de Bandiagara et ses environs, ainsi que le village de Koro.
Déroulement des attaques
Les assaillants, armés de fusils et de grenades, ont attaqué simultanément plusieurs postes de sécurité et un commissariat à Bandiagara, avant de se diriger vers la prison locale. Selon un responsable sécuritaire sous couvert d'anonymat, "les terroristes ont utilisé des motos et des véhicules pour coordonner leurs mouvements". Les combats ont duré plusieurs heures avant que l'armée malienne, appuyée par des hélicoptères, ne reprenne le contrôle.
À Koro, un village situé à une cinquantaine de kilomètres, des hommes armés ont également attaqué un camp de l'armée. Le bilan provisoire fait état de 12 soldats tués et 15 blessés, tandis que 8 civils ont perdu la vie dans les affrontements à Bandiagara. Les autorités n'ont pas communiqué de chiffre officiel concernant les pertes parmi les assaillants.
Revendication et contexte
Les attaques n'ont pas été revendiquées dans l'immédiat, mais elles portent la marque du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, et de l'État islamique au Grand Sahara (EIGS), actifs dans la région. Selon une source locale citée par l'Agence France-Presse, "les djihadistes circulent librement dans la zone depuis des mois, malgré la présence de l'armée".
Le centre du Mali est en proie à une insurrection djihadiste depuis 2015, avec des violences qui se sont étendues aux pays voisins. La mission de l'ONU au Mali (MINUSMA) a pris fin en décembre 2023, laissant l'armée malienne et ses supplétifs russes de Wagner faire face seuls à la menace. Depuis, les attaques se sont multipliées, notamment contre les forces de sécurité et les civils.
Réactions et conséquences
Le gouvernement malien a condamné ces "actes barbares" dans un communiqué, promettant de "traquer les auteurs jusqu'à leur dernier retranchement". Les autorités ont décrété un deuil national de trois jours. De son côté, l'opposition a dénoncé l'incapacité des autorités à protéger les populations. "Ces attaques montrent que le gouvernement a perdu le contrôle de vastes zones du territoire", a déclaré un porte-parole de l'opposition sous couvert d'anonymat.
Les attaques ont également provoqué des déplacements de population. Selon des sources humanitaires, au moins 500 personnes ont fui les zones touchées, cherchant refuge dans des localités voisines ou dans des camps de déplacés. La situation sécuritaire reste tendue, avec des risques de nouvelles violences. Les organisations internationales, dont le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), ont appelé à la protection des civils et à un accès humanitaire sans entrave.



