L'armée libanaise a entamé, ce mardi 21 juillet, un déploiement dans plusieurs localités du sud du pays, une zone traditionnellement sous influence du Hezbollah. Ce mouvement, coordonné avec la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), marque une première depuis la fin de la guerre civile en 1990.
Un déploiement progressif dans des zones pilotes
Selon un communiqué de l'armée, les troupes ont pris position dans les villages de Kfar Kila, Adaisseh, Markaba et Houla, situés à proximité de la ligne bleue, la frontière avec Israël. Ces localités étaient jusqu'alors contrôlées par le Hezbollah, qui n'a pas opposé de résistance. Le déploiement s'est effectué sans incident, sous la supervision de la FINUL.
Un officier supérieur de l'armée libanaise, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a déclaré : « C'est un pas important pour affirmer l'autorité de l'État sur l'ensemble du territoire. Nous espérons que ce déploiement s'étendra à d'autres zones dans les semaines à venir. »
La FINUL salue une avancée majeure
La FINUL a salué cette initiative dans un communiqué publié dans la journée. « Le déploiement de l'armée libanaise dans ces zones pilotes est une étape cruciale vers la mise en œuvre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU », a indiqué le porte-parole de la mission, Andrea Tenenti. Cette résolution, adoptée en 2006, appelle au retrait de toutes les forces armées non étatiques du sud du Liban.
Selon des sources proches de la FINUL, environ 500 soldats libanais ont été déployés dans ces quatre villages. Le contingent devrait être renforcé dans les prochains jours pour atteindre 1 500 hommes. Ce déploiement fait suite à des mois de négociations entre Beyrouth et le Hezbollah, qui a accepté de se retirer de ces zones symboliques.
Un contexte régional tendu
Ce déploiement intervient dans un contexte de tensions accrues entre Israël et le Hezbollah. Depuis le début de l'année, plusieurs incidents ont eu lieu le long de la frontière, suscitant des craintes d'une escalade. L'ONU a multiplié les appels au calme et encouragé le gouvernement libanais à étendre son autorité sur le sud du pays.
« Ce déploiement est un signal fort envoyé à la communauté internationale. Il montre que le Liban est déterminé à reprendre le contrôle de ses frontières », a estimé un diplomate occidental en poste à Beyrouth. Cependant, des analystes soulignent que le Hezbollah conserve une présence militaire dans d'autres secteurs du sud, et que ce déploiement reste limité.
Des défis persistants pour l'État libanais
Malgré cette avancée, l'armée libanaise fait face à des défis majeurs. Les ressources financières et logistiques de l'institution sont limitées, en raison de la crise économique qui frappe le pays depuis 2019. De plus, la question du désarmement du Hezbollah, prévu par la résolution 1701, reste en suspens.
Le Premier ministre libanais, Najib Mikati, a déclaré lors d'une conférence de presse : « Nous sommes déterminés à renforcer la présence de l'État dans toutes les régions du Liban. Ce déploiement est une première étape, mais nous avons besoin du soutien de la communauté internationale pour consolider cette avancée. »
La France, qui entretient des relations étroites avec le Liban, a salué cette initiative. Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères a appelé à « poursuivre les efforts pour garantir la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban ». Les États-Unis ont également exprimé leur soutien, tout en rappelant la nécessité de désarmer les milices.
Vers une extension du déploiement ?
Selon des sources militaires, l'armée libanaise prévoit d'étendre ce déploiement à d'autres localités du sud dans les prochains mois, notamment dans les secteurs de Bint Jbeil et de Marjayoun. Toutefois, ces plans dépendent de l'accord du Hezbollah et de la disponibilité de ressources supplémentaires.
La FINUL a indiqué qu'elle continuerait à soutenir l'armée libanaise dans ses efforts, notamment par le biais de patrouilles conjointes et de formations. « Nous espérons que ce déploiement contribuera à la stabilité de la région et à la réduction des tensions », a conclu Andrea Tenenti.



