Le Parlement libanais a adopté, mardi 10 août, l'abolition de la peine de mort, une première au Proche et au Moyen-Orient. La mesure, qui prévoit la commutation des peines capitales en réclusion à perpétuité, a été votée à l'unanimité des 128 députés présents. Cette décision historique fait suite à des années de campagne menée par des organisations de défense des droits humains et à la pression de la communauté internationale.
Une décision historique pour la région
Le Liban devient ainsi le premier pays du Proche et du Moyen-Orient à abolir la peine de mort, une région où elle reste largement appliquée. Selon le texte adopté, les personnes condamnées à mort verront leur peine commuée en réclusion à perpétuité. Le ministre de la Justice, Henri Khoury, a salué une « avancée majeure pour les droits humains » et a rappelé que cette réforme était une promesse du gouvernement formé en 2025.
La loi a été soutenue par l'ensemble des blocs politiques, y compris le Hezbollah et le Courant patriotique libre, qui ont toutefois émis des réserves sur son application. Les organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International, ont salué une « victoire historique » tout en appelant à la ratification rapide par le président de la République et à la mise en place effective des nouvelles peines.
Les détails de la réforme et ses implications
Concrètement, la loi modifie le code pénal libanais en supprimant la peine capitale pour tous les crimes, y compris les crimes de sang et les atteintes à la sécurité de l'État. Les condamnés en attente d'exécution, au nombre de 87 selon les registres officiels, verront leur peine automatiquement commuée. Le texte prévoit également la création d'une commission chargée de suivre la réinsertion des anciens condamnés à mort.
Cette abolition intervient dans un contexte de crise économique et sociale profonde, où le système judiciaire est souvent critiqué pour son manque d'indépendance. Pour les défenseurs des droits humains, cette réforme pourrait contribuer à redorer l'image du Liban sur la scène internationale et à renforcer l'État de droit. Cependant, des voix se sont élevées pour dénoncer une mesure « purement symbolique » tant que la justice reste inefficace et corrompue.
Réactions et prochaines étapes
La communauté internationale a accueilli favorablement cette décision. L'Union européenne a publié un communiqué saluant « un pas courageux vers l'abolition universelle de la peine de mort ». Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a également exprimé son soutien, tout en appelant le Liban à ratifier le deuxième protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Le texte doit maintenant être promulgué par le président de la République, Michel Aoun, puis publié au Journal officiel. Selon des sources parlementaires, cette promulgation pourrait intervenir dans les prochaines semaines. Les organisations de défense des droits humains prévoient de poursuivre leur travail de sensibilisation pour encourager d'autres pays de la région à suivre l'exemple libanais.



