Kiev revendique l'attaque de Tobolsk, 4 morts à Dnipropetrovsk
Kiev revendique Tobolsk, 4 morts à Dnipropetrovsk

L'Ukraine a revendiqué l'attaque contre le complexe pétrochimique de Tobolsk-Neftekhim, situé dans l'ouest de la Sibérie, une opération qualifiée de « frappe réussie » par les services de sécurité ukrainiens. Dans le même temps, des bombardements russes dans la région de Dnipropetrovsk ont tué au moins quatre personnes, selon les autorités locales.

Une attaque revendiquée par Kiev

Le renseignement militaire ukrainien (GUR) a confirmé que l'incendie qui a ravagé une partie du complexe pétrochimique de Tobolsk, dans la région de Tioumen, était le résultat d'une opération spéciale menée par ses agents. Selon le GUR, l'attaque a provoqué un « incendie majeur » sur le site, qui est l'un des plus grands de Russie pour la production de polypropylène et de produits pétrochimiques. Les autorités russes ont fait état d'un incendie sans préciser son origine, mais des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent d'importantes colonnes de fumée noire s'élevant au-dessus de l'usine.

Cette revendication intervient alors que l'Ukraine a multiplié ces derniers mois les frappes sur des infrastructures énergétiques et industrielles russes, en représailles aux bombardements russes sur son territoire. Le complexe de Tobolsk, exploité par la société Sibur, est une cible stratégique car il alimente de nombreuses industries russes. Selon le GUR, l'opération a été menée le 9 août, mais l'information n'a été rendue publique que le lendemain.

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Bombardements russes dans la région de Dnipropetrovsk

Dans le centre de l'Ukraine, la région de Dnipropetrovsk a été la cible de bombardements russes dans la nuit du 9 au 10 août. Le gouverneur régional, Serhiy Lysak, a annoncé sur Telegram que quatre personnes avaient été tuées et que plusieurs autres avaient été blessées. Les frappes ont touché des zones résidentielles, notamment dans la ville de Nikopol, située sur les rives du réservoir de Kakhovka, en face de la centrale nucléaire de Zaporijjia occupée par les Russes. Des immeubles d'habitation et des infrastructures civiles ont été endommagés, selon les premiers bilans.

« Les Russes ont de nouveau frappé des cibles civiles. Quatre morts, dont une femme enceinte, et onze blessés, dont deux enfants. C'est une tragédie pour notre communauté », a déclaré M. Lysak. Les secours sont toujours à l'œuvre pour rechercher d'éventuelles victimes sous les décombres. La région de Dnipropetrovsk est régulièrement visée par des frappes russes en raison de sa proximité avec le front sud.

Une escalade des frappes à distance

L'attaque contre Tobolsk marque une escalade dans la stratégie ukrainienne de frappes profondes en territoire russe. Depuis le début de l'année, l'Ukraine a revendiqué plusieurs opérations contre des raffineries et des dépôts de carburant en Russie, visant à réduire la capacité de Moscou à financer son effort de guerre. Le complexe de Tobolsk, qui produit notamment du polypropylène utilisé dans l'industrie automobile et la construction, est l'une des plus importantes installations de ce type en Russie.

Selon des experts militaires, ces frappes ont un impact limité sur la production globale de la Russie, mais elles perturbent la logistique et forcent Moscou à redéployer des moyens de défense. « Chaque attaque réussie oblige les Russes à renforcer la protection de leurs infrastructures, ce qui détourne des ressources du front », explique un analyste militaire ukrainien sous couvert d'anonymat.

Réactions et conséquences

Le ministère russe de la Défense n'a pas immédiatement commenté l'attaque de Tobolsk, mais les autorités locales ont déclaré que l'incendie avait été maîtrisé après plusieurs heures. Aucune victime n'a été signalée sur le site, mais les dégâts matériels sont importants. La Russie a dénoncé une « provocation » et promis des représailles.

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Sur le plan diplomatique, ces événements surviennent alors que les discussions sur un éventuel cessez-le-feu restent bloquées. L'Ukraine insiste sur la nécessité de renforcer sa défense aérienne et d'obtenir des frappes à longue portée, tandis que la Russie continue de bombarder les villes ukrainiennes. Selon le dernier décompte de l'ONU, plus de 11 000 civils ont été tués depuis le début de l'invasion en février 2022, mais le chiffre réel est probablement plus élevé.

La communauté internationale a condamné les bombardements russes sur Dnipropetrovsk, rappelant que les attaques contre les civils constituent des crimes de guerre. L'Union européenne a appelé à la retenue, tandis que les États-Unis ont réitéré leur soutien à l'Ukraine. « Nous continuerons à soutenir l'Ukraine aussi longtemps qu'il le faudra », a déclaré un porte-parole du département d'État.