Russie: la Cour suprême exclut Iabloko des législatives
Russie: Iabloko exclu des législatives par la Cour suprême

À quelques semaines des élections législatives en Russie, les électeurs opposés à la guerre en Ukraine ne pourront pas voter pour Iabloko. Lundi, la Cour suprême de Russie a annulé l’enregistrement de la liste de candidats de ce parti libéral, le seul encore en activité dans le pays à défendre ouvertement l’arrêt du conflit. « Les demandes d’annulation de l’enregistrement » de la liste de Iabloko « ont été acceptées », a annoncé le juge Viatcheslav Kirillov.

Une décision motivée par une plainte nationaliste

La juridiction avait été saisie par une formation nationaliste favorable au Kremlin, qui contestait le feu vert accordé à Iabloko par la Commission électorale centrale pour participer au renouvellement de la Douma, la chambre basse du Parlement. Après le jugement, une centaine de sympathisants, principalement des jeunes, se sont réunis devant la Cour suprême en scandant « Honte ! Honte ! ». Le dirigeant du parti, Nikolaï Rybakov, a annoncé son intention de faire appel.

Un parti majoritairement soutenu par les jeunes

Iabloko avait fait de ces législatives un moyen de mesurer dans les urnes l’opposition à la guerre, engagée depuis quatre ans et demi. « Notre bulletin de vote est la seule possibilité légale de se prononcer pour la paix », avait récemment déclaré Nikolaï Rybakov. Après la décision de lundi, il a assuré qu'« un long chemin nous attend et nous avons une tâche vaste et importante : mettre fin aux morts et ramener la paix ».

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Le parti reste toutefois crédité d’un faible niveau d’intentions de vote. Un sondage réalisé plus tôt cette année le plaçait à 3 %, sous le seuil de 5 % nécessaire pour obtenir des sièges à la Douma. Iabloko affirmait néanmoins observer une mobilisation parmi de jeunes Russes mécontents des restrictions sur Internet et de la propagande gouvernementale. Selon des sondages réalisés en juin par l’institut Levada, désigné « agent de l’étranger » par les autorités russes, 64 % des personnes interrogées étaient favorables à des négociations de paix avec Kiev, contre 29 % souhaitant la poursuite des combats.

De nombreux membres sont emprisonnés

Fondé après la disparition de l’URSS et longtemps associé au courant libéral tourné vers l’Occident, Iabloko n’est plus représenté à la Douma depuis les élections de 2007. Dans un contexte où la plupart des opposants au président Vladimir Poutine sont emprisonnés, en exil ou morts, le parti avait reçu pour ces législatives le soutien de plusieurs figures de l’opposition installées à l’étranger, notamment Ioulia Navalnaïa, veuve d’Alexeï Navalny, mort en prison en 2024. Tous deux sont classés comme « extrémistes » en Russie.

Des poursuites contre les militants

La formation politique est elle-même confrontée à des poursuites visant plusieurs de ses membres. « Une quarantaine de nos militants font l’objet de poursuites », avait récemment affirmé Nikolaï Rybakov, qui a été condamné à une amende après avoir publié une photo d’Alexeï Navalny. Huit membres de Iabloko sont actuellement détenus, parmi lesquels Maxime Krouglov, adjoint de M. Rybakov, condamné fin juin à sept ans de prison pour diffusion de « fausses informations » sur les forces russes.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale