Nouveaux affrontements entre Israël et le Hezbollah malgré l'annonce de Trump
Israël-Hezbollah: combats nocturnes malgré l'accord Trump

Israël et le Hezbollah ont poursuivi leurs affrontements dans la nuit de lundi à mardi, malgré l'annonce par Donald Trump de l'accord des deux camps pour cesser les hostilités avant un nouveau cycle de négociations entre Libanais et Israéliens prévu mardi à Washington. Face à l'offensive israélienne au Liban, les Gardiens de la Révolution iraniens ont menacé d'ouvrir de « nouveaux fronts ».

Des négociations sous tension

Le cycle de pourparlers, auquel le Hezbollah s'oppose, réunit des émissaires des deux pays sans relations diplomatiques. Il s'agit du quatrième depuis le début de la guerre début mars. Les discussions doivent se tenir mardi et mercredi. Le président libanais Joseph Aoun a qualifié ces négociations de « seul moyen de mettre fin à la guerre », tout en dénonçant une « agression féroce » d'Israël qui intensifie son offensive contre le mouvement soutenu par l'Iran.

L'armée israélienne mène au Liban son incursion militaire la plus profonde depuis l'an 2000, date de son retrait après 18 ans d'occupation. Lundi, Israël a menacé de frapper le Hezbollah dans son bastion de la banlieue sud de Beyrouth, provoquant la fuite des habitants.

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Trump qualifie Netanyahu de « complètement fou »

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a justifié les opérations par des « violations répétées du cessez-le-feu » par le Hezbollah et des attaques contre son pays. Selon le média américain Axios, Donald Trump a qualifié Netanyahu de « complètement fou » lors d'un entretien téléphonique, l'accusant de compromettre les négociations de paix avec l'Iran. Trump a indiqué sur son réseau Truth Social avoir demandé à Netanyahu de « ne pas déclencher de raid important sur Beyrouth », ce que ce dernier aurait accepté en ordonnant à ses troupes de faire demi-tour. Trump a également affirmé que le Hezbollah avait « accepté d'arrêter de tirer sur Israël et ses soldats » et qu'Israël avait accepté de cesser le feu en retour. Le Liban a confirmé que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine de « cessation mutuelle des attaques ». Cependant, ces déclarations ont été contredites par la poursuite des affrontements dans la nuit.

Nouvelles attaques mardi

Le Hezbollah a revendiqué une attaque à la roquette contre un char israélien tôt mardi à Hadatha, dans le sud du Liban, affirmant lutter contre « l'avancée des forces israéliennes ». Lundi soir, des combattants ont visé quatre chars et des soldats israéliens, selon le Hezbollah. L'armée israélienne a rapporté l'interception de deux projectiles en provenance du Liban tôt mardi, sans faire état de blessés. Selon l'Agence libanaise Ani, des frappes israéliennes ont ciblé dans la nuit les villages de Marwaniyeh, Sidiqine, Yater et Mansouri, dans le sud, et une « très violente détonation » a été entendue à Debbine. Plus tôt lundi, l'armée israélienne a frappé plus de 40 localités dans le sud, notamment près de Tyr, près d'un hôpital, causant des dégâts et plusieurs blessés. Le Hezbollah a revendiqué des attaques aux missiles contre des objectifs militaires dans le nord d'Israël.

L'ambassadeur israélien à l'ONU, Danny Danon, a déclaré sur X : « S'il n'y a pas de calme dans le nord d'Israël, il n'y aura pas de calme pour le Hezbollah », après avoir participé à une réunion d'urgence du Conseil de sécurité convoquée par la France.

Un conflit régional aux lourdes conséquences

Le Liban a été entraîné dans le conflit régional le 2 mars, avec une attaque du Hezbollah contre Israël en représailles aux frappes israélo-américaines contre l'Iran. Une trêve censée suspendre les combats depuis le 17 avril n'a pas été respectée, les affrontements étant quasi quotidiens. Depuis le 2 mars, plus de 3 412 personnes ont été tuées au Liban et plus d'un million déplacées, selon Beyrouth. Côté israélien, 27 personnes sont mortes, dont 26 soldats et un contractuel civil.

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Dans un rapport au Conseil de sécurité, le secrétaire général de l'ONU a recommandé de maintenir des troupes onusiennes au Liban après le départ fin 2026 de la force de maintien de la paix actuelle, décidé en août. Les objectifs incluent la surveillance du cessez-le-feu et le soutien aux forces armées libanaises. Cette option risque toutefois de se heurter à l'opposition des États-Unis et d'Israël.

« Lignes rouges » et menaces iraniennes

Accusant Israël de franchir des « lignes rouges » et alors que les négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient patinent, l'Iran a menacé d'ouvrir de « nouveaux fronts », malgré la trêve en vigueur depuis le 8 avril. Téhéran conditionne tout accord à un cessez-le-feu au Liban. Donald Trump a assuré que « les discussions continuaient à un rythme rapide avec la République islamique d'Iran », contredisant l'agence de presse iranienne Tasnim selon laquelle Téhéran a rompu le dialogue indirect avec Washington en raison de l'offensive israélienne au Liban. Les négociations indirectes entre les États-Unis et l'Iran stagnent depuis des semaines. Téhéran a accusé Washington de violer le cessez-le-feu après des frappes américaines contre son territoire, qui ont entraîné des représailles iraniennes.