Iran : menace de fermer le détroit d'Ormuz si les États-Unis maintiennent leur blocus
Iran menace de fermer le détroit d'Ormuz face au blocus américain

L'Iran brandit la menace de fermer le détroit d'Ormuz face au blocus américain

La République islamique d'Iran a émis une menace sérieuse samedi 18 avril 2026, avertissant qu'elle pourrait refermer le détroit stratégique d'Ormuz si les États-Unis maintenaient leur blocus des ports iraniens. Cette déclaration intervient paradoxalement au lendemain de l'annonce par Téhéran de la réouverture complète de cette voie maritime cruciale aux navires commerciaux.

Une menace stratégique aux conséquences mondiales

Le détroit d'Ormuz représente un passage maritime vital pour l'économie mondiale, avec environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondial transitant habituellement par cette voie. La simple menace de sa fermeture a déjà provoqué des réactions significatives sur les marchés financiers internationaux.

« Si le blocus se poursuit, le détroit d'Ormuz ne restera pas ouvert », a affirmé avec fermeté Mohammad Bagher Ghalibaf, président du parlement iranien, sur la plateforme X. Il a précisé que le franchissement du détroit par les navires devra désormais s'effectuer avec « l'autorisation de l'Iran », marquant ainsi une position de force de Téhéran.

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Désaccord sur les négociations nucléaires

Alors que le président américain Donald Trump affirmait à l'AFP qu'un accord de paix était « très proche » et que l'Iran avait accepté de remettre son uranium enrichi, les autorités iraniennes ont catégoriquement nié cette version des faits. « On va aller le chercher, on va le rapporter aux États-Unis sous peu », avait déclaré le président américain lors d'un rassemblement à Phoenix, en Arizona.

Cette divergence fondamentale entre les deux parties complique considérablement les négociations en cours, qui se poursuivent sous l'égide du Pakistan. Une première session de pourparlers s'est tenue à Islamabad le week-end précédent, avec une deuxième session en préparation.

Impact économique immédiat

L'annonce initiale de réouverture du détroit d'Ormuz avait provoqué une chute significative des prix du pétrole et un rebond des Bourses européennes et américaines. Ces mouvements reflètent la sensibilité extrême des marchés à toute évolution dans cette région stratégique, après cinq semaines de guerre aux conséquences dévastatrices pour l'économie mondiale.

Donald Trump a réagi rapidement sur sa plateforme Truth Social, lançant un « Merci ! » tout en précisant que le blocus américain des ports iraniens demeurerait « totalement en vigueur » jusqu'à la conclusion des négociations. Il a ajouté que ce blocus « continuera » si aucun accord n'est atteint à l'issue des pourparlers.

Contexte régional complexe

Cette escalade verbale survient dans un contexte régional particulièrement tendu. Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Hezbollah pro-iranien au Liban vient d'entrer en vigueur, marquant la première pause dans les hostilités depuis le début des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février.

Au Liban, la situation reste précaire. De nombreux déplacés ont commencé à regagner leurs foyers dès vendredi, principalement dans le sud du pays et la banlieue sud de Beyrouth, bastions du Hezbollah. Cependant, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a prévenu qu'Israël n'avait « pas encore fini » le travail pour obtenir le désarmement du mouvement chiite.

Tensions persistantes malgré la trêve

Donald Trump, qui a joué un rôle clé dans l'obtention de cette trêve de dix jours, a adopté un ton ferme à l'égard de son allié israélien : « Israël ne bombardera plus le Liban. Ils ont INTERDICTION de le faire de la part des États-Unis. Ça suffit !!! », a-t-il martelé.

Pourtant, des incidents persistent. L'agence de presse nationale libanaise a fait état d'un mort dans une frappe israélienne dans le sud du pays, même si Israël n'a pas réagi immédiatement à cette information. Le conflit a déjà fait près de 2.300 morts côté libanais et jeté sur les routes plus d'un million de personnes.

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Perspectives d'avenir incertaines

Le Liban travaille désormais à « un accord permanent » avec Israël, selon son président Joseph Aoun, qui a promis de « sauvegarder les droits » du peuple et de ne pas « céder un iota du territoire national » dans les discussions.

Le Hezbollah, quant à lui, reste sur ses gardes. Le mouvement a prévenu que ses combattants gardaient le « doigt sur la gâchette » et se méfiaient « de la traîtrise de l'ennemi ». Cette méfiance mutuelle illustre les défis considérables qui subsistent pour parvenir à une paix durable dans la région.

La situation au Moyen-Orient reste donc extrêmement volatile, avec le détroit d'Ormuz comme épicentre potentiel d'une nouvelle escalade aux conséquences imprévisibles pour l'économie et la stabilité mondiales.