Iran-Israël : l'histoire méconnue d'un divorce sanglant
Iran-Israël : l'histoire méconnue d'un divorce

Le conflit entre l'Iran et Israël, souvent présenté comme une lutte idéologique irréductible, trouve ses racines dans une histoire complexe de coopération puis de rupture violente. Avant la révolution islamique de 1979, les deux pays entretenaient des relations étroites, notamment dans les domaines militaire et économique. L'allié israélien de l'époque, le chah d'Iran, partageait des intérêts stratégiques avec l'État hébreu, notamment face aux menaces arabes.

Une alliance pragmatique oubliée

Dans les années 1950 et 1960, Israël et l'Iran ont développé une coopération discrète mais fructueuse. Selon des archives déclassifiées, Tel-Aviv a fourni à Téhéran des conseillers agricoles et des technologies d'irrigation. En retour, l'Iran a été l'un des premiers pays musulmans à reconnaître de facto Israël, bien que sans établir de relations diplomatiques officielles. Cette entente reposait sur un pragmatisme face à l'hostilité des régimes arabes nationalistes, comme celui de Gamal Abdel Nasser en Égypte.

Le point culminant de cette alliance fut le « projet Flower », un programme de missiles balistiques conjoint lancé dans les années 1970. L'objectif était de développer un missile sol-sol d'une portée de 200 km, capable de dissuader une attaque arabe. Selon des documents déclassifiés, ce projet a impliqué des ingénieurs israéliens et iraniens travaillant ensemble dans des bases secrètes près d'Ispahan.

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La révolution islamique et la rupture

La chute du chah en 1979 a bouleversé cet équilibre. L'ayatollah Khomeini, nouveau guide suprême, a rompu tous les liens avec Israël, qu'il qualifiait d'« entité sioniste illégitime ». Les accords secrets ont été dénoncés, et les étudiants révolutionnaires ont saisi les archives de l'ambassade américaine à Téhéran, révélant l'ampleur de la coopération antérieure. Cette rupture s'est accompagnée d'une rhétorique antisioniste virulente, qui a progressivement évolué vers une hostilité ouverte.

Selon des sources diplomatiques, cette rupture a été brutale : en 1979, l'Iran a expulsé les experts israéliens présents sur son sol et a cessé toute coopération militaire. Israël, de son côté, a tenté de maintenir des canaux discrets, mais sans succès. La guerre Iran-Irak (1980-1988) a accentué cette fracture, Téhéran accusant Israël de soutenir Bagdad.

La guerre de l'ombre et ses conséquences

Depuis les années 1990, le conflit s'est intensifié dans l'ombre. Israël a mené des opérations clandestines contre le programme nucléaire iranien, notamment l'assassinat de scientifiques (comme Massoud Ali-Mohammadi en 2010) et le sabotage de centrifugeuses via le ver Stuxnet. En représailles, l'Iran a armé et financé des groupes comme le Hezbollah libanais, considéré comme une menace directe pour Israël.

Selon des experts, cette guerre de l'ombre a fait des centaines de morts, sans jamais dégénérer en conflit ouvert. Les frappes israéliennes en Syrie contre des cibles iraniennes se sont multipliées depuis 2017, tandis que Téhéran a renforcé son arsenal balistique. Le divorce sanglant entre les deux nations, oublié par les manuels d'histoire, continue de façonner le Moyen-Orient contemporain.

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