Le parquet national antiterroriste (Pnat) a ouvert une enquête préliminaire en France pour tortures le 1er juillet 2026, à la suite des plaintes de deux personnes ayant pris part à une flottille pour Gaza en octobre 2025, a-t-il indiqué ce mardi, sollicité par l'AFP. Parmi les plaignants figure la députée insoumise Marie Mesmeur, qui affirme avoir subi des violences et humiliations lors de sa détention en Israël.
Les faits et les plaintes
L'enquête préliminaire, ouverte du chef de tortures au sens de la convention de New York du 10 décembre 1984, concerne des faits présumés entre le 1er octobre et le 7 octobre 2025. Les investigations ont été confiées à l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité (OCLCH). Le Pnat, qui comprend un pôle crimes contre l'humanité, a précisé que l'enquête fait suite aux plaintes de deux participants à la flottille.
Une autre enquête préliminaire avait été ouverte début juin 2026 pour tortures et crimes de guerre, après un signalement du Quai d'Orsay sur le traitement de Français d'une autre flottille pour Gaza interceptée en mai 2026. Dans ce cadre, le ministre israélien d'extrême droite Itamar Ben Gvir avait publié une vidéo de militants agenouillés et mains liées, déclenchant un tollé international. Il a été interdit de séjour en France et en Irlande fin mai 2026.
Le témoignage de Marie Mesmeur
Marie Mesmeur, élue LFI d'Ille-et-Vilaine, a déclaré à l'AFP avoir été détenue quatre jours en Israël après près de 24 heures retenue sur le bateau. Elle affirme avoir subi des privations de nourriture, d'eau et de soins, ainsi que des projections d'images de l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023 avec de la musique en continu, face à une banderole "Gaza rasé". Elle raconte avoir reçu plusieurs coups en protégeant une codétenue, entraînant une côte fêlée et des hématomes, avec 10 jours d'incapacité totale de travail (ITT).
"Je salue l'ouverture de cette enquête par le Pnat et j'espère qu'elle va faire toute la lumière sur les actes commis par l'État d'Israël, notamment en prison", a réagi l'élue. Elle assure être allée porter plainte le jour même de son retour en France avec des traces sur son corps.
Réactions et suites judiciaires
Me Raphaël Kempf, avocat de Marie Mesmeur, a souligné : "Les crimes dont a été victime Marie Mesmeur sont graves et ne doivent pas rester impunis. Elle a été arrêtée en haute mer et conduite en Israël où elle a été emprisonnée de façon parfaitement illégale. Elle a été victime de traitements inhumains et dégradants." Il appelle le Pnat à désigner un juge d'instruction.
Les autorités israéliennes ont rejeté ces accusations. L'Italie a ouvert une enquête similaire, et l'Australie a annoncé une enquête indépendante. Les plaignants demandent à la justice d'enquêter sur les auteurs, remontant jusqu'au Premier ministre Benyamin Netanyahou et au ministre Itamar Ben Gvir.
Marie Mesmeur rappelle que l'objectif principal doit être d'agir contre le génocide en cours en Palestine, une qualification rejetée par Israël. En mai 2026, une autre flottille avait été interceptée, suscitant des condamnations internationales pour le traitement réservé à 430 militants humanitaires.



