Deux employés afghans de l'ONU détenus par les talibans à Hérat
Deux employés ONU détenus par les talibans à Hérat

Deux employés afghans de l'ONU sont détenus par les talibans depuis dimanche à Hérat, en Afghanistan. Les autorités n'ont communiqué aucune charge contre eux et l'ONU n'a pas été autorisée à leur rendre visite. « L'Unama n'a pas été informée des charges retenues contre eux, et n'a pas non plus été autorisée à les voir », a-t-elle ajouté. Le gouvernement taliban, sollicité par l'AFP, n'était pas immédiatement joignable.

Des arrestations à quelques jours du cinquième anniversaire du retour des talibans

Ces arrestations interviennent à quelques jours du cinquième anniversaire du retour des talibans au pouvoir, après la prise de Kaboul le 15 août 2021 et la fuite du président afghan soutenu par les États-Unis et leurs alliés occidentaux.

Les Nations unies sont depuis restées présentes dans le pays, notamment pour leurs missions humanitaires et le suivi des droits humains. Cette semaine, l'Unama a demandé aux autorités de « clarifier les règles régissant le recours à la force, les arrestations et la détention » et d'améliorer le contrôle des forces de sécurité en cas d'abus.

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Une situation de plus en plus tendue à Hérat

La situation s'est particulièrement tendue ces derniers mois à Hérat. Depuis début juin, plusieurs dizaines de femmes accusées de ne pas porter le tchador ou la burqa ont été arrêtées par la police des mœurs. Parmi elles figurait une soignante de Médecins sans Frontières, qui avait dénoncé sa détention. Le 9 juin, une rare manifestation contre ces arrestations avait été violemment réprimée à Hérat, faisant au moins deux morts selon l'ONU.

Des humanitaires déjà arrêtés

Des humanitaires afghans travaillant avec l'ONU avaient également été interpellés en juin dans la province de Hérat parce que leur barbe ne respectait pas suffisamment les règles imposées par les talibans, selon des messages internes de l'Organisation internationale pour les migrations dont l'AFP avait eu connaissance. Ils avaient ensuite été libérés.

Au pouvoir depuis août 2021, les talibans gouvernent selon une interprétation ultra-rigoriste de la loi islamique et ont notamment exclu les femmes de nombreux secteurs d'activité ainsi que de l'enseignement secondaire et universitaire. Les femmes afghanes n'ont par ailleurs pas le droit d'entrer dans les locaux de l'ONU, y compris lorsqu'elles travaillent pour l'organisation.

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