Mardi, le Parlement libanais a adopté un texte abolissant la peine de mort, faisant du Liban le premier pays du Moyen-Orient à franchir ce pas. Aucune exécution n'avait eu lieu dans le pays depuis 2004, mais des condamnations à mort continuaient d'être prononcées, notamment pour meurtre, terrorisme ou espionnage, la plus récente datant de lundi.
Une nouvelle législation remplaçant la peine capitale
La nouvelle législation prévoit que les crimes commis avant son entrée en vigueur seront désormais punis d'une peine d'emprisonnement à perpétuité assortie de travaux d'intérêt général, selon l'agence officielle Ani. En janvier, au moins 85 personnes se trouvaient encore dans le couloir de la mort au Liban, d'après Amnesty International.
Le ministre de la Justice Adel Nassar a qualifié le vote d'« historique », soulignant qu'il devrait faciliter les demandes d'extradition de Beyrouth auprès des pays ayant aboli la peine capitale.
Une « étape monumentale » saluée par les ONG
Les organisations de défense des droits humains, mobilisées depuis des années, ont salué la décision. Ramzi Kaiss, chercheur de Human Rights Watch, y voit « une étape monumentale pour les droits humains dans le pays, une rupture claire avec une sentence cruelle et arbitraire qui n'aurait jamais dû être prononcée ». Amnesty International a appelé à « faire avancer des réformes plus larges afin de renforcer un système de justice fondé sur la dignité, l'équité et le respect des droits humains ».
Un contexte régional marqué par une hausse des exécutions
Cette abolition intervient dans un contexte de forte hausse des exécutions au Moyen-Orient. Amnesty International en a recensé au moins 2 611 en 2025, contre au moins 1 442 en 2024, soit un « bond alarmant ». L'Iran a enregistré plus de 2 159 exécutions en 2025, devant l'Arabie saoudite avec 356 et le Yémen avec 51. L'Irak, le Koweït, l'Égypte et les Émirats arabes unis ont également procédé à des exécutions.
La Jordanie a pour sa part exécuté en juin six hommes condamnés pour le meurtre de membres des forces de sécurité, mettant fin à un moratoire de neuf ans. Israël a adopté en mars une loi permettant de condamner à mort des Palestiniens reconnus coupables d'attaques anti-israéliennes, alors que la peine capitale n'y avait plus été appliquée depuis l'exécution d'Adolf Eichmann en 1962.
La France et l'ONU saluent la décision libanaise
Le vote libanais a été salué à l'étranger. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot l'a qualifié d'« historique et courageux », tandis que la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a estimé que le Liban « donne un puissant exemple pour les autres pays du Moyen-Orient et au-delà ». L'ONU a également appelé les autres États à « mettre fin à cette pratique inhumaine ».



