Le Dr Pierre Anhoury, conseiller français au Liban, décrypte la crise humanitaire avant son retour
Conseiller français au Liban : état des lieux avant retour à Beyrouth

Un conseiller français au cœur de la crise libanaise

Le Dr Pierre Anhoury, conseiller du ministre de la Santé libanais depuis trois ans pour le compte du gouvernement français, a effectué une brève pause en France avant de repartir pour Beyrouth ce samedi 18 avril. Partageant sa vie entre le Pays basque et le Liban, il a profité de quelques jours de répit dans sa maison familiale pour dresser un état des lieux de la situation dans le Moyen-Orient, notamment sur les aides coordonnées et la crise humanitaire.

Une mission entre deux rives

Après avoir œuvré à la coordination des prochaines aides au Liban, le Dr Anhoury a pu souffler quelques jours dans le Pays basque. « Au départ, j’ai eu l’impression de ne pas être là où je dois être. Je suis censé être auprès des Libanais, compte tenu de ma mission », confie-t-il. Cependant, dès les premières réunions, notamment avec l’ambassadeur du Liban seulement trois heures après son atterrissage, il s’est senti à nouveau utile. La France contribue activement au chargement d’un avion de l’Union européenne transportant plus de 20 tonnes de médicaments et plusieurs tonnes de matériel pour les déplacés.

La situation explosive au Liban

Le Dr Anhoury est catégorique : la guerre va continuer tant que le Hezbollah ne rendra pas les armes ou ne sera pas neutralisé. Face aux tensions confessionnelles croissantes, le gouvernement libanais a ordonné à l’armée de saisir les armes en circulation et de maintenir l’ordre. Cette instabilité aggrave la crise humanitaire, avec des déplacés qui s’agglutinent dans les rues de Beyrouth.

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Un million de déplacés dans une précarité extrême

La situation des déplacés est alarmante. « Nous avons un million de déplacés qui viennent du sud du Liban et de la banlieue sud de Beyrouth », explique le conseiller. Parmi eux, 200 000 sont hébergés dans des écoles, des gymnases ou des stades, tandis que les autres se réfugient chez des familles, des amis, ou dorment dans la rue. Beaucoup, notamment de la banlieue sud de Beyrouth, passent leurs nuits dans leur voiture ou sous des tentes, retournant chez eux le jour pour se laver et préparer à manger.

L'aide humanitaire en action

La Croix-Rouge du Liban joue un rôle crucial, ayant déjà bénéficié d’une dizaine d’avions de secours livrant tentes, couvertures, matelas, kits d’hygiène et médicaments. Elle gère le plus grand rassemblement de déplacés au grand stade de Beyrouth, avec 100 secouristes sur place en permanence. Les aides françaises sont coordonnées par l’ambassade du Liban à Paris, soulignant l’engagement international.

L'état des infrastructures sanitaires

Sur le front sanitaire, le Dr Anhoury rapporte que toutes les infrastructures des 150 hôpitaux du Liban sont en état, à l’exception d’une dizaine d’établissements du sud Liban légèrement endommagés par les bombardements. Cependant, le bilan humain est lourd : 2 020 morts, dont 85 soignants et 165 enfants, et 6 436 blessés, dont 188 soignants et 641 enfants. Ces chiffres illustrent l’urgence de la situation et la nécessité d’un soutien continu.

Avant de repartir pour Beyrouth, le Dr Pierre Anhoury insiste sur l’importance de la solidarité internationale et de la coordination des efforts pour faire face à cette crise multidimensionnelle qui frappe le Liban et la région.

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