Six membres de groupes armés ont été tués lors des premières opérations militaires menées sous l'égide du nouveau président colombien, a annoncé le ministère de la Défense dimanche 10 août. Ces frappes, qui ont eu lieu dans les régions de Putumayo et de Cauca, marquent un changement radical de stratégie sécuritaire après des années de négociations de paix.
Une escalade immédiate
Les opérations, lancées dans les 48 heures suivant l'investiture du président, ont ciblé des dissidents des FARC et des membres de l'ELN. Selon le général Luis Fernando Navarro, commandant des forces militaires, "ces actions visent à rétablir l'ordre et à protéger les civils, conformément aux engagements du nouveau gouvernement". Il a précisé que les six personnes tuées étaient impliquées dans des activités de trafic de drogue et d'extorsion.
Un contexte de violence persistante
La Colombie connaît une recrudescence de la violence depuis 2023, avec une augmentation de 12% des homicides dans les zones rurales. Les groupes armés se disputent le contrôle des routes de la cocaïne et des mines illégales. Le nouveau président, élu sur une promesse de "fermeté", avait annoncé qu'il réviserait la politique de paix de son prédécesseur.
Réactions et implications
Les critiques dénoncent une escalade qui pourrait compromettre les pourparlers de paix en cours avec l'ELN. "La solution militaire a échoué par le passé", a déclaré l'analyste politique María Jimena Duzán. "Le gouvernement doit combiner sécurité et dialogue social pour éviter un nouveau cycle de violence."
Le ministère de la Défense a affirmé que les opérations se poursuivront jusqu'à ce que les groupes armés acceptent de déposer les armes. Les habitants des zones concernées restent partagés : certains espèrent une plus grande sécurité, d'autres craignent des représailles.



