Trafic de cocaïne : huit prévenus jugés à Alès
Trafic de cocaïne : huit prévenus jugés à Alès

Le tribunal correctionnel d'Alès a ouvert lundi 10 août le procès d'un vaste réseau de trafic de stupéfiants, impliquant huit prévenus. L'enquête, qui avait initialement débuté sur un projet d'attentat, a permis la saisie de 16,220 kg de cocaïne pure à 99% lors d'une opération sur l'autoroute A9, près de Montpellier. Trois des prévenus sont en détention provisoire, parfois depuis plus de deux ans.

Une enquête partie d'un projet d'attentat

L'affaire remonte à fin septembre 2022, lorsque les gendarmes du Gard sont informés d'un projet d'attentat qu'un habitant de Lézan, décrit comme salafiste, préparerait pour le 11 novembre. Mais l'enquête bascule rapidement vers les stupéfiants. Une information judiciaire est ouverte, et les surveillances, géolocalisations et écoutes téléphoniques s'enchaînent, comme le décrit le président de l'audience, Vincent Edel.

Il est alors question de cocaïne, de cannabis et de drogues de synthèse, d'approvisionnement de rave-parties dans le Tarn, le Var et l'Aveyron. L'enquête révèle 25 trajets entre les Pays-Bas et Ners, commune située au sud d'Alès, et sept autres entre l'Espagne et Ners, entre l'ouverture de l'instruction et fin mars 2024.

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La saisie de 16,220 kg de cocaïne sur l'A9

Le 28 mars 2024, une opération d'interpellations est menée. Dans la soirée, sur l'A9 près de Montpellier, les forces de l'ordre stoppent une voiture venant de Cordoue, en Espagne. À son bord, ils découvrent, dans des caches situées dans les ailes arrière, 14 pains de cocaïne, pure à 99%, pour un poids total de 16,220 kg. D'autres arrestations suivent, ainsi que des saisies immobilières, de véhicules et de comptes bancaires.

Lors des auditions, il est souvent question du "barbu" et d'un "barbu de là-haut", en référence à un éventuel individu aux Pays-Bas. Le président Edel note une "organisation assez bien rodée" et "bien cloisonnée" pour éviter les contacts entre protagonistes.

Un premier prévenu nie être un "achemineur"

Un Nersois de 60 ans, qui conduisait la voiture porteuse le 28 mars 2024, est le premier appelé à la barre. Il reconnaît plusieurs trajets entre chez lui et l'étranger, "pour se faire un peu d'argent". Il affirme connaître le "barbu" du box parce qu'il avait ses chevaux en pension chez lui, mais insiste : il ne s'agit pas du "barbu" de cette affaire de stups. Il évoque un autre individu qu'il appelle "le barbu de là-haut", en référence à un éventuel individu des Pays-Bas.

Le substitut du procureur de la République, Quentin Larroque, met la pression : "Vous êtes sûr que vous n'avez pas peur de dire la vérité au tribunal ?" Le sexagénaire assure mollement que "non". Il nie être un "achemineur", mais son avocat le tacle.

Un ex-teufeur de 29 ans, suspecté d'avoir conduit la voiture chargée de stups de Ners jusque chez la nourrice, nie toute implication. Il martèle qu'il récupérait la voiture pour effectuer des travaux de mécanique : "Je ne suis pas un achemineur !" Le président lui répond que "chez nous, on appelle ça des indices". Son avocat, Me Marc Gallix, déclare : "Je ne partage pas la position de mon client. Je ne vais pas plaider la relaxe, mais la culpabilité. Et vous donner des éléments pour définir une peine."

La suite du procès

L'instruction de cette affaire se poursuit dans la matinée de ce mardi 11 août, avec notamment l'audition du "barbu" suspecté. La présence d'agents de l'équipe régionale d'intervention et de sécurité (Eris), l'unité d'élite de l'administration pénitentiaire, est remarquée au palais de justice d'Alès.

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