Un ancien pilote de l'aéronavale française, âgé de 45 ans, a été mis en examen le 29 juillet 2024 pour « intelligence avec une puissance étrangère » dans le cadre d'une enquête ouverte par le parquet de Paris. Selon des sources proches du dossier, l'homme est soupçonné d'avoir livré à la Chine des informations classifiées concernant des systèmes d'armes et des technologies aéronautiques militaires.
Des faits présumés s'étalant sur plusieurs années
L'enquête, menée par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), a duré près de 18 mois. Les investigations ont mis au jour des contacts réguliers entre l'ancien officier et des agents présumés des services de renseignement chinois, notamment lors de voyages en Chine et via des messageries cryptées. Les autorités estiment que les faits se sont déroulés entre 2018 et 2024.
Selon le parquet, l'ancien pilote aurait partagé des informations sur les capacités opérationnelles des Rafale Marine, ainsi que sur des programmes de drones navals. « Ces éléments auraient pu compromettre la sécurité nationale », a déclaré une source judiciaire, sous couvert d'anonymat.
Une procédure judiciaire en cours
Mis en examen pour les chefs de « trahison » et « intelligence avec une puissance étrangère », l'homme a été placé sous contrôle judiciaire strict, avec interdiction de quitter le territoire et obligation de pointer régulièrement. Son avocat, Me Jean-Pierre Martini, a contesté les accusations, affirmant que « les informations transmises étaient de nature publique ou anodine » et que son client « n'a jamais eu conscience d'enfreindre la loi ».
L'ancien pilote, qui a servi dans la Marine nationale pendant 20 ans, encourt jusqu'à 15 ans de réclusion criminelle. L'affaire a été renvoyée devant un juge d'instruction, et une expertise technique est en cours pour évaluer la sensibilité réelle des documents transmis.
Réactions et implications diplomatiques
Cette mise en examen intervient dans un contexte de tensions croissantes entre la France et la Chine en matière de renseignement. Selon un rapport parlementaire récent, les tentatives d'ingérence chinoise se seraient multipliées dans les secteurs de la défense et de la technologie en Europe. Le ministère des Affaires étrangères français a indiqué suivre l'affaire « avec la plus grande attention », tandis que l'ambassade de Chine à Paris a démenti toute implication, dénonçant des « accusations infondées ».
L'enquête se poursuit pour identifier d'éventuelles complicités. Le parquet a précisé que « d'autres personnes pourraient être mises en examen dans les semaines à venir ». Cette affaire rappelle celle de l'ancien député européen et agent présumé de Pékin, qui avait défrayé la chronique en 2023.



