Zinédine Zidane par son ami Ada : « Pour lui, les Bleus étaient un but ultime »
Zinédine Zidane par son ami Ada : « Pour lui, les Bleus étaient un but ultime »

Ada Loumani, maître verrier à Valbonne, partageait chaque semaine sa table avec le jeune Zinédine Zidane à l'époque où celui-ci jouait à l'AS Cannes. Près de quarante ans plus tard, il se souvient du « gamin timide » devenu sélectionneur de l'équipe de France.

Un souvenir qui résume tout

Ada Loumani se rappelle une scène marquante. Zidane, alors blessé, ne pouvait pas participer à un match entre entreprises. Il s'est alors placé à l'entrée de la surface de réparation, en chaussures de ville, et a frappé six ballons. Cinq fois sur six, le ballon a heurté la barre transversale. « Il ne pouvait pas courir, donc il n'a pas fait le match. Il s'est placé au niveau des 18 mètres en mettant simplement son pied d'appui à côté du ballon, il a presque tout réussi, il était meilleur que les pros. Pour moi, c'est le souvenir le plus fort », raconte Ada.

Des repas simples à Valbonne

Leur amitié a débuté par l'intermédiaire de José Bray, alors joueur professionnel à Cannes. Zidane, arrivé récemment dans le Sud, peinait à trouver sa place. « Il faut imaginer que ce mec-là était d'une timidité incroyable. Quand il est arrivé à Cannes, ça l'a un peu desservi. Il n'arrivait pas à s'imposer », explique Ada. Les origines algériennes communes ont rapproché le jeune footballeur des frères Loumani. Une habitude s'est installée : une fois par semaine, Zidane quittait l'AS Cannes pour rejoindre Ada et son frère Ahmed à Valbonne. « On avait une terrasse et on déjeunait. Une salade de tomates, deux grillades, deux merguez, des trucs comme ça. Et on parlait de tout. »

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Un talent déjà évident

Parfois, d'autres joueurs se joignaient à eux, comme Adick Koot, ancien international néerlandais passé par le PSV Eindhoven. Même lui, pourtant habitué aux grands joueurs, était stupéfait par le jeune Cannois. « Il nous disait : "Ce mec est incroyable." À l'entraînement, lui prendre le ballon, c'était impossible. » Pourtant, Zidane était loin d'imaginer la suite. « Au tout début, son objectif, c'était déjà d'être professionnel, d'essayer de jouer en première division », se souvient Ada. Même lorsque son entourage évoquait l'équipe de France, le garçon peinait à y croire.

De Cannes aux sommets

Les années ont passé. Cannes est devenu Bordeaux, puis Turin, puis Madrid. Yazid est devenu Zidane. Ada a pris conscience du changement de dimension un soir à Monaco, lors de la Supercoupe d'Europe. Invité par son ami, il attendait dans les couloirs des vestiaires. « Je vous assure, si ce n'est pas lui qui me fait signe, je crois que je me fais écraser par les journalistes. Tout le monde voulait un mot, une photo, une interview. C'était incroyable. »

Malgré la célébrité, Zidane est resté le même. « Chaque fois qu'on le voyait, que ce soit à Bordeaux, à Turin ou avec l'équipe de France, il avait toujours la même simplicité, la même gentillesse. Alors qu'il était devenu la star qu'il est. » Même après ses deux buts en finale de la Coupe du monde 1998, il relativisait l'exploit. Et le lien avec la petite verrerie de Valbonne ne s'est jamais rompu. Au Real Madrid, Zidane commandait des créations à son ami pour les offrir à ses coéquipiers et au président Florentino Pérez. « Il m'a toujours fait travailler, il a toujours renvoyé l'ascenseur, sourit Ada. Alors que moi, à part lui avoir préparé une salade de tomates… »

Un but ultime : les Bleus

Pour Ada, Zidane visait un dernier objectif après avoir remporté trois Ligues des champions sur le banc du Real Madrid. « Pour lui, c'était un but ultime : imposer sa façon de voir le football à ce niveau-là. En club, il l'avait fait, il l'avait prouvé. » Selon son vieil ami, l'ancien numéro 10 a donc attendu son heure pour prendre les commandes de l'équipe de France.

Lors d'une récente visite à Valbonne, deux dames âgées ont reconnu Zidane traversant le village. Il s'est retourné, leur a souri. Elles l'ont applaudi. Peu après, une trentaine d'enfants l'attendaient. « Il a signé les autographes, fait les photos avec tout le monde. » Du gamin timide de l'AS Cannes au nouveau sélectionneur des Bleus, Ada Loumani l'a vu changer de dimension sans jamais le voir changer. « Sa notoriété ne lui a pas fait perdre ses amitiés. Il est fidèle. Très fidèle. »

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