Un homme âgé de 39 ans a été condamné ce mercredi à une peine d'un an de prison ferme pour avoir allumé un feu de broussailles ce samedi dans une zone commerciale à Ollioules, près de Toulon. Le prévenu, de nationalité tunisienne, a également écopé d'une interdiction du territoire français pendant cinq ans.
Un geste jugé irresponsable en pleine saison des incendies
Lors de ses réquisitions, le procureur de la République de Toulon, Raphaël Balland, a dénoncé un comportement « irresponsable » et « inacceptable » dans le contexte des récents incendies qui ont frappé la région. « Ce geste est tout sauf anodin à l'heure où des concitoyens perdent leur logement et des pompiers risquent leur vie », a-t-il déclaré. Le feu, qui a détruit entre trente et quarante mètres carrés de végétation, s'est déclenché près d'un supermarché, chemin du Clos-du-Haut, entre l'autoroute A50 et la route RN8. L'intervention rapide de la police et des sapeurs-pompiers a permis d'étouffer le sinistre avant qu'il ne se propage.
Les circonstances de l'incendie
Hamdi B., le prévenu, a affirmé à la barre de la chambre des comparutions immédiates : « J'ai pas fait exprès, j'ai pas fait gaffe ». Il a expliqué s'être allumé une cigarette sans s'apercevoir que son briquet était resté bloqué, provoquant l'incendie via des herbes hautes. Cette version n'a pas convaincu le tribunal présidé par la juge Dalila Fedal. Avant les faits, Hamdi B. avait été remarqué devant un magasin Lidl, où il insultait des clients et des membres du personnel après avoir été refoulé de l'enseigne. Le directeur du magasin a rapporté l'avoir entendu dire en arabe qu'il allait « tout brûler ». L'individu, manifestement sous l'empire de l'alcool puisqu'il s'approvisionnait en bières au Lidl, s'est ensuite éloigné, et une fumée noire s'est dégagée d'un terrain voisin. Il a été interpellé peu après par un équipage de la brigade anticriminalité.
Profil d'un homme en voie de désociabilisation
La thèse du pyromane a été écartée après un examen psychiatrique réalisé pendant sa garde à vue. L'experte a considéré que le mis en cause ne présentait pas d'affection mentale caractérisée. En revanche, le portrait d'un homme à la dérive s'est dessiné au fil de l'audience. Hamdi B., divorcé depuis 2019, a perdu son travail dans la maçonnerie et le jardinage fin 2025 après un accident. Ses allocations chômage s'élèvent à seulement 150 euros par mois. Il aurait été expulsé de son logement dans le quartier de La Beaucaire quelques jours avant les faits. Son titre de séjour de dix ans expire dans trois mois, et avec un casier judiciaire comportant quatre condamnations, dont une pour dégradation de bien, les chances de renouvellement sont maigres, a observé le procureur, décrivant un homme « en train de sombrer socialement ». « Samedi, on le refoule d'un magasin… », a-t-il ajouté, soulignant la spirale de précarité et d'isolement.



