Dans sa dernière chronique, Sanaga, le célèbre dessinateur de presse ivoirien, livre un regard acéré sur l'actualité africaine. À travers son trait incisif, il met en lumière les contradictions des dirigeants du continent, oscillant entre promesses électorales et réalités du pouvoir.
Une satire politique sans concession
Sanaga, de son vrai nom Lassane Zohoré, n'a pas sa langue dans sa poche. Chaque semaine, dans les colonnes de Le Monde, il croque avec mordant les travers de la classe politique africaine. Sa dernière œuvre, publiée le 18 juin 2026, ne fait pas exception. On y voit un président africain, micro à la main, promettant monts et merveilles à une foule en liesse, tandis que dans l'ombre, des ministres s'activent à vider les caisses de l'État.
Le dessin, sobre mais percutant, est accompagné d'un texte tout aussi cinglant : « En Afrique, la démocratie a parfois le visage d'un caméléon : elle change de couleur selon les intérêts du moment. » Une phrase qui résume à elle seule le sentiment de nombreux citoyens, lassés par les promesses non tenues et la corruption endémique.
Le poids des mots, le choc des maux
Sanaga ne se contente pas de dénoncer. Il propose aussi une réflexion sur les solutions possibles. Dans cette chronique, il évoque l'importance de la société civile et des médias indépendants dans la construction d'une véritable démocratie. « Sans une presse libre et des citoyens vigilants, le pouvoir devient une drogue dure pour ceux qui le détiennent », écrit-il.
Le dessinateur, qui a déjà été menacé par le passé pour ses critiques, continue de tracer sa route avec courage. Son travail est salué par de nombreux confrères et intellectuels africains, qui y voient un miroir nécessaire de la réalité politique du continent.
Un style unique au service de la vérité
Le style de Sanaga est reconnaissable entre mille. Ses personnages, souvent caricaturaux, sont dotés d'une expressivité qui force le sourire, même lorsqu'il aborde des sujets graves. Ses dessins sont un mélange d'humour noir et de réalisme cru, qui permet de toucher un large public.
Dans cette chronique, il utilise des symboles forts : un baobab, arbre emblématique de l'Afrique, dont les racines sont rongées par des termites en costume-cravate. Une métaphore de la corruption qui mine les institutions du continent.
Un appel à la vigilance citoyenne
Au-delà de la satire, Sanaga lance un appel à la vigilance. Il rappelle que les peuples africains ont le pouvoir de changer les choses, à condition de rester unis et de ne pas se laisser endormir par les discours démagogiques. « L'Afrique n'a pas besoin de sauveurs, mais de citoyens éclairés », conclut-il.
Cette chronique, comme toutes celles de Sanaga, invite à la réflexion et à l'action. Elle est un témoignage de la vitalité de la presse satirique en Afrique, et de son rôle essentiel dans la consolidation de la démocratie.



