Le militant indépendantiste sahraoui Naama Asfari, emprisonné depuis 2009 au Maroc, a entamé une grève de la faim illimitée le 8 juin 2025, selon des sources proches de sa famille. Cette action radicale vise à dénoncer les conditions de sa détention et l'absence de procès équitable.
Un combat de longue haleine
Naama Asfari, figure emblématique du mouvement indépendantiste du Sahara occidental, a été arrêté en 2009 et condamné à perpétuité en 2011 pour des accusations de « terrorisme » et de « menace à la sécurité de l'État ». Depuis, il purge sa peine dans une prison de Rabat. Sa famille et les organisations de défense des droits humains dénoncent régulièrement les mauvais traitements et le manque de soins médicaux.
Une détention controversée
Asfari est l'un des nombreux militants sahraouis emprisonnés pour leurs activités politiques. Le Front Polisario, qui milite pour l'indépendance du Sahara occidental, a appelé à la mobilisation internationale pour sa libération. Le Maroc, qui contrôle la majeure partie du territoire, considère ces militants comme des séparatistes et justifie leur détention par la lutte antiterroriste.
La grève de la faim illimitée d'Asfari intervient alors que les tensions restent vives dans la région, avec des affrontements sporadiques entre les forces marocaines et les indépendantistes. Les Nations unies tentent de relancer le processus de paix, mais les négociations sont au point mort depuis 2019.
Des appels à la libération
Plusieurs ONG, dont Amnesty International et Human Rights Watch, ont condamné la détention d'Asfari et exigé sa libération immédiate ou un procès équitable. « Naama Asfari est un prisonnier d'opinion, incarcéré uniquement pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d'expression et d'association », a déclaré un porte-parole d'Amnesty International.
La famille d'Asfari, qui n'a pas pu lui rendre visite depuis plusieurs mois, craint pour sa santé. « Il a déjà perdu beaucoup de poids et refuse toute alimentation. Nous avons peur qu'il ne tienne pas longtemps », a confié son frère à l'AFP.
Un contexte régional tendu
Le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole, est disputé entre le Maroc, qui en contrôle 80 %, et le Front Polisario, soutenu par l'Algérie. Le conflit dure depuis 1975 et a fait des milliers de morts. La situation s'est aggravée en 2020 avec la rupture du cessez-le-feu et la reprise des hostilités.
La grève de la faim de Naama Asfari pourrait raviver l'attention internationale sur le sort des prisonniers politiques sahraouis. Des manifestations de soutien sont prévues dans plusieurs capitales européennes et africaines dans les prochains jours.



