RDC : Félix Tshisekedi envisage un troisième mandat, au risque d'une confrontation avec la rue
En République démocratique du Congo, le président Félix Tshisekedi explore la possibilité de briguer un troisième mandat, une perspective qui suscite de vives inquiétudes et pourrait mener à une confrontation avec l'opposition et la société civile. Alors que la Constitution congolaise limite le nombre de mandats présidentiels à deux, des voix proches du pouvoir évoquent une révision constitutionnelle ou une interprétation favorable pour permettre au chef de l'État de se représenter en 2028.
Les arguments des partisans de Tshisekedi
Les soutiens du président avancent que son premier mandat, entamé en 2019, n'a pas été complet en raison de la cohabitation avec l'ancien président Joseph Kabila jusqu'en 2021. Selon eux, Tshisekedi n'aurait effectué qu'un seul mandat effectif, ce qui justifierait une nouvelle candidature. Cette thèse est défendue par plusieurs figures de l'Union sacrée de la nation, la coalition présidentielle.
L'opposition mobilisée
De son côté, l'opposition dénonce une dérive autoritaire et appelle à la mobilisation. Martin Fayulu, candidat malheureux à la présidentielle de 2018, a qualifié cette initiative de "coup d'État constitutionnel". Des organisations de la société civile, comme la Lucha, annoncent des manifestations pacifiques pour défendre la Constitution. La rue, déjà éprouvée par les difficultés économiques et l'insécurité dans l'Est du pays, pourrait être le théâtre de tensions accrues.
Un contexte régional et international tendu
La communauté internationale observe avec attention cette situation. Les États-Unis et l'Union européenne ont rappelé leur attachement au respect de la Constitution congolaise. Dans la région des Grands Lacs, déjà instable, une crise politique en RDC pourrait avoir des répercussions sur les pays voisins, notamment le Rwanda et l'Ouganda. La Monusco, mission de l'ONU présente dans le pays, suit de près les développements.
Les risques d'une confrontation
Les analystes estiment qu'une tentative de troisième mandat pourrait exacerber les tensions politiques et sociales. La jeunesse congolaise, majoritaire dans la population, est particulièrement mobilisée sur les réseaux sociaux. Des appels à la désobéissance civile circulent déjà. Le gouvernement, de son côté, a renforcé les mesures de sécurité dans la capitale Kinshasa, redoutant des débordements.
Quelles issues possibles ?
Plusieurs scénarios sont envisagés : un retrait de Tshisekedi face à la pression, un compromis politique avec l'opposition, ou une répression des contestations. L'avenir politique du pays dépendra de la capacité des acteurs à dialoguer. La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a proposé une médiation, mais pour l'instant, les positions restent figées. L'échéance de 2028 semble lointaine, mais les premiers signes annoncent une période agitée pour la démocratie congolaise.



