NoFap : masturbation et fertilité, mythes et réalités scientifiques
NoFap : masturbation et fertilité, mythes et réalités

Le mouvement NoFap, né sur les forums internet, encourage les hommes à s'abstenir de toute activité sexuelle et de la masturbation. Parmi les nombreux bienfaits revendiqués, l'amélioration de la fertilité figure en bonne place. Mais les données scientifiques contredisent largement ces croyances.

Un effet inverse sur la qualité du sperme

Les études menées sur la fertilité masculine montrent que l'abstinence prolongée n'est pas bénéfique. Si elle augmente la concentration de spermatozoïdes dans le sperme, elle dégrade en revanche leur mobilité et, surtout, leur intégrité génétique. Les spermatozoïdes vieillissent dans les voies génitales, ce qui accroît les dommages à l'ADN.

D'après les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), un homme est considéré comme fertile si son sperme contient au moins 15 millions de spermatozoïdes par millilitre. Cependant, ce chiffre ne reflète qu'un aspect de la fertilité. La mobilité et la forme des spermatozoïdes sont tout aussi déterminantes.

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Les recommandations de l'OMS

L'OMS conseille une période d'abstinence de 2 à 7 jours avant un spermogramme, afin d'équilibrer concentration et qualité. Au-delà, la fragmentation de l'ADN augmente, réduisant les chances de conception. Des travaux de recherche ont montré qu'une éjaculation quotidienne pendant plusieurs jours pouvait significativement réduire la proportion de spermatozoïdes endommagés.

À l'inverse, des périodes d'abstinence prolongées augmentent la proportion de spermatozoïdes âgés, qui perdent en mobilité et sont plus susceptibles de transmettre des anomalies génétiques.

Le NoFap, un phénomène de mode sans fondement scientifique

Les adeptes du NoFap attribuent à la rétention séminale une augmentation de la testostérone, une meilleure vitalité et, in fine, une fertilité accrue. Or, les recherches n'ont observé qu'une augmentation transitoire de la testostérone après environ sept jours d'abstinence, sans effet clinique sur la fertilité.

De plus, aucune étude n'a démontré que le NoFap améliorait les taux de conception. En revanche, la masturbation régulière est associée à une élimination des spermatozoïdes endommagés, renouvelant ainsi le stock et favorisant une meilleure spermatogenèse.

Que faire pour améliorer sa fertilité ?

Les experts recommandent une activité sexuelle régulière, une alimentation équilibrée, la pratique d'un sport modéré et l'arrêt du tabac et de l'alcool. L'éjaculation tous les deux à trois jours semble optimale pour maintenir une bonne qualité spermatique.

En cas de difficultés à concevoir après un an de rapports non protégés, un bilan de fertilité est conseillé. L'urologue pourra prescrire un spermogramme réalisé après une abstinence de 2 à 7 jours, conformément aux normes de l'OMS.

En définitive, le NoFap repose sur des idées reçues plutôt que sur des preuves scientifiques. La fertilité masculine se maintient par une activité régulière, et non par une abstinence qui n'a que des effets négatifs sur la qualité de l'ADN spermatique.

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