Le gouvernement tchadien a officialisé, le 28 juillet 2026, son intention de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI), une décision qui plonge l'institution dans une nouvelle tourmente. Le Tchad devient ainsi le troisième pays à quitter la CPI, après le Burundi en 2017 et les Philippines en 2019, tous deux accusant la Cour de partialité.
Une décision motivée par la souveraineté
Dans un communiqué officiel, le ministère des Affaires étrangères tchadien a justifié ce retrait par la volonté de « préserver la souveraineté nationale » et de « ne pas être soumis à une juridiction étrangère qui ne respecte pas les spécificités africaines ». Cette annonce intervient alors que la CPI fait face à des critiques croissantes de la part de plusieurs États africains, qui l'accusent de cibler injustement le continent.
Selon des observateurs, cette décision pourrait être liée aux enquêtes en cours de la CPI sur des crimes de guerre présumés au Sahel, où le Tchad joue un rôle militaire clé. N'Djamena n'a jamais ratifié le Statut de Rome, mais avait signé l'acte final en 1998, marquant un premier pas vers l'adhésion. Le retrait met fin à toute coopération future.
Un contexte international tendu
La CPI, créée en 2002 pour juger les crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocides, traverse une période difficile. Plus de 30 États africains sont membres, mais les défections s'accumulent. En 2016, l'Afrique du Sud, le Burundi et la Gambie avaient annoncé leur retrait, mais seuls le Burundi a maintenu sa décision. Les Philippines, hors d'Afrique, ont également quitté la Cour en 2019.
« Ce retrait est un signal d'alarme pour la justice internationale », a commenté un expert juridique sous couvert d'anonymat. « La CPI doit réformer son fonctionnement pour regagner la confiance des États, en particulier africains. » Le Tchad, pays clé dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, pourrait entraîner d'autres États à suivre son exemple.
Conséquences pour la justice internationale
Le retrait tchadien réduit la portée de la CPI en Afrique centrale, où les violences liées à Boko Haram et aux groupes armés sont fréquentes. La Cour perd également la possibilité d'enquêter sur des crimes commis sur le territoire tchadien. Selon les statistiques de la CPI, seules quatre enquêtes sont en cours sur le continent africain, contre 11 depuis sa création.
Cette annonce intervient alors que la CPI peine à obtenir des coopérations et des financements. Les États-Unis et la Russie, non membres, critiquent régulièrement l'institution. Le retrait tchadien pourrait affaiblir davantage la légitimité de la Cour, déjà ébranlée par des accusations de partialité et de lenteur.
Le Tchad, pour sa part, affirme qu'il continuera à poursuivre les crimes graves devant ses propres tribunaux, conformément à son droit interne. Reste à savoir si cette promesse suffira à rassurer la communauté internationale.



