Un mouvement parti d'une plaisanterie
En Inde, le « Parti du peuple des cafards » (Cockroach Janata Party) est devenu un phénomène de société. Lancé mi-mai 2026 comme une blague sur Internet, ce mouvement satirique fédère désormais la colère de la génération Z contre les inégalités croissantes et l'affaiblissement de la démocratie indienne. Des milliers de manifestants se sont rassemblés à New Delhi pour réclamer plus de transparence et la démission du ministre de l'Éducation, Dharmendra Pradhan, impliqué dans plusieurs scandales de fuites d'examens.
Des origines virales
Le mouvement a débuté après qu'Abhijeet Dipke, un jeune diplômé en relations publiques de l'université de Boston, a créé un site web satirique destiné aux jeunes « paresseux et sans emploi ». Le site a été conçu en deux heures grâce à l'intelligence artificielle et à l'aide de quelques amis, comme le rapporte le New York Times. Dipke réagissait à une remarque du président de la Cour suprême, Surya Kant, qui avait comparé les jeunes sans emploi critiques des autorités à des « cafards » et des « parasites ».
Un porte-parole malgré lui
Abhijeet Dipke, 30 ans, est devenu le porte-étendard de millions de jeunes frustrés par le chômage élevé, la mauvaise gestion des examens et l'affaiblissement de la démocratie. Il a fait le voyage en Inde pour participer à la manifestation. « Combien de temps allons-nous encore vivre dans la peur de ce gouvernement ? », a-t-il lancé à la foule. « Les cafards n'ont jamais peur, ils ne meurent jamais non plus », a-t-il ajouté, transformant l'insulte en symbole de fierté.
Un contexte de crise éducative
Le mois dernier, les autorités ont annulé le concours national d'entrée en faculté de médecine après une fuite de sujets d'examen. Des suicides d'adolescents ont été rapportés suite à ce fiasco. Un autre examen, passé par près de deux millions d'élèves, a été perturbé par un dysfonctionnement du système numérique de correction. Ces scandales ont exacerbé la colère des jeunes, qui peinent à trouver un emploi stable malgré la croissance économique rapide du pays.
Un mouvement qui prend de l'ampleur
Le CJP compte désormais plus d'un million de membres inscrits et 22 millions d'abonnés sur Instagram. Le gouvernement a tenté de bloquer ses comptes sur X (ex-Twitter), invoquant une menace pour la sécurité nationale, mais Dipke a créé un nouveau compte. Le mouvement suscite des comparaisons avec les révoltes étudiantes du Bangladesh et du Népal. La manifestation s'est déroulée pacifiquement, avec des manifestants arborant des masques de cafards et des pancartes exigeant la démission du ministre de l'Éducation.



