Un nouveau incident a secoué les frontières orientales de l'Europe. Ce lundi 8 juin, des avions de chasse Rafale de l'armée française ont abattu un drone qui avait pénétré dans l'espace aérien de la Lettonie, un pays membre de l'Otan. L'armée lettone, sans préciser l'origine exacte de l'appareil, a indiqué qu'il était entré en provenance de la Russie « à la suite d'une guerre électromagnétique russe ». L'annonce a été faite via un message sur le réseau social X : « Des avions de chasse alliés ont réussi à abattre un drone qui pénétrait dans l'espace aérien letton ! »
Réactions des autorités lettones
Le Premier ministre letton, Andris Kulbergs, a salué sur X « la rapidité de la prise de décision et le professionnalisme de l'action » face à cet incident. La ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze, a également exprimé sa gratitude envers la France : « Merci à nos alliés français d'avoir abattu le drone qui a pénétré dans l'espace aérien letton ! »
Confirmation française et rôle de l'Otan
L'État-major français des armées a confirmé sur X la « destruction d'un drone » par deux Rafale au-dessus d'« une zone inhabitée » en Lettonie. Un responsable de l'Otan s'est réjoui de cette action : « Cela démontre une fois de plus la détermination et la capacité de l'Otan à dissuader et à défendre. » La décision finale d'abattre le drone a été prise par le commandement de l'Otan, a précisé le ministre letton de la Défense, Raivis Melnis, ajoutant que « personne n'a été blessé et aucun bien n'a été endommagé ».
Détails de l'incident
La Lettonie a indiqué que la Russie avait été identifiée comme utilisant la guerre électronique avant que le drone n'entre dans le pays. L'appareil a été abattu à 07h05 GMT près du village de Berzekne, à environ 30 km de la frontière russe. Les autorités avaient auparavant averti les habitants des régions orientales de Lettonie de rester chez eux en raison de la menace. L'alerte a pris fin avec la destruction du drone.
Mission Baltic Air Police
Les deux Rafale français impliqués sont basés à l'aérodrome de Siauliai, en Lituanie, dans le cadre de la mission « Baltic Air Police » de l'Otan. Cette mission assure la police aérienne dans les pays baltes (Lettonie, Lituanie et Estonie) depuis leur adhésion à l'Otan en 2004. Actuellement, des chasseurs F-16 roumains et portugais participent également à la surveillance. En mai dernier, un avion militaire roumain avait déjà abattu un drone présumé ukrainien au-dessus de l'Estonie.
Multiplication des incursions de drones
Les États baltes, ex-républiques soviétiques partageant une longue frontière avec la Russie, enregistrent depuis plusieurs semaines un nombre croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires. Ces incidents alimentent les craintes que la guerre menée par la Russie en Ukraine ne déborde des frontières de l'Otan. Par ailleurs, des fragments d'un drone ukrainien ont été retrouvés ce lundi dans un champ en Moldavie, après son entrée en provenance d'Ukraine. Chisinau a imputé cet incident à la Russie en raison de sa guerre contre l'Ukraine. « Quelle que soit l'origine du drone, la responsabilité de tout drone atterrissant sur le territoire de la République de Moldavie incombe à la Russie », a affirmé le ministère moldave des Affaires étrangères. Selon des pays européens, Moscou ferait dévier délibérément de leur trajectoire des drones ukrainiens destinés à frapper des installations industrielles et des terminaux pétroliers dans la région de Saint-Pétersbourg.



