Chasse dans le Var : la LPO juge l'interdiction insuffisante
Chasse dans le Var : la LPO juge l'interdiction insuffisante

La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) estime que l'arrêté préfectoral interdisant la chasse pendant un an dans les secteurs brûlés du Var est une mesure nécessaire mais « insuffisante ». L'association demande d'élargir cette interdiction à des zones tampon et des corridors écologiques pour permettre à la faune sauvage de se rétablir et de recoloniser les espaces sinistrés.

Un arrêté jugé « insuffisant » par la LPO

Alors que le préfet du Var a pris un arrêté interdisant la chasse dans les zones incendiées, la LPO salue un texte « qui a le mérite d'exister », mais ne va pas assez loin selon elle. Anaël Marchas, chargé de mission juridique à la LPO Paca, explique : « Cet arrêté d'interdiction est insuffisant, parce qu'en fin de compte on vient interdire la chasse seulement sur les zones qui sont incendiées. D'abord, pardon, mais dans les zones incendiées, c'est sûr qu'il n'y aura pas grand-chose à chasser. »

L'arrêté préfectoral précise que l'interdiction de chasse concerne les surfaces boisées incendiées des communes des Arcs-sur-Argens, Barjols, Châteauvert, Correns, Cotignac, Montfort-sur-Argens, Pontevès, Taradeau et Le Val. Pour la LPO, cette limitation géographique est problématique.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des zones tampon pour préserver les îlots non-incendiés

« Notre demande, précise la LPO, est d'inclure des zones tampon, des corridors écologiques, au-delà du brûlé. Notamment entre les zones incendiées, simplement pour aider la faune sauvage à reconquérir de l'espace. »

Dans le cas du feu du Bessillon, la carte montre « deux nappes d'incendies qui se rejoignent quasiment ». La LPO insiste : « Préserver les îlots non-incendiés, comme refuge pour la faune serait juste de la logique. Que les animaux puissent avoir une réelle quiétude et recoloniser plus facilement. »

L'exemple des Bouches-du-Rhône

Le département des Bouches-du-Rhône peut donner une piste de réflexion. Dans le secteur appelé la Montagnette (près de Barbentane), touché par le feu en 2022, le préfet avait suspendu la chasse pour deux ans et non un an. Ensuite, les massifs forestiers étaient restés interdits d'accès, pour des raisons de sécurité, deux années supplémentaires, excluant de facto toute action de chasse.

« En un an, le milieu n'est pas rétabli », insiste Anaël Marchas. Pourtant, ce feu dans le département voisin n'avait brûlé « que » 1 600 hectares, contre plus de 6 000 hectares dans le Var. Et les conditions climatiques de l'été 2026 ne sont pas comparables. Plusieurs associations se sont mobilisées dans ce sens pendant l'été pour demander une meilleure protection de la faune sauvage.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale