À l'occasion d'Octobre rose et en vue de la présidentielle de 2027, la Ligue contre le cancer publie un « pacte » pour mieux lutter contre cette maladie qui touche 430.000 Français chaque année. Ce pacte détaille douze mesures, déclinées en quatre axes, et censées inspirer les candidats à l'élection dans leur programme.
Ériger la prévention des cancers en priorité nationale
La Ligue contre le cancer veut en premier lieu s'attaquer aux fléaux que représentent l'alcool (responsable de 8 % des cancers en France) et la cigarette (liée à près de 90 % des cancers du poumon). Elle recommande notamment d'interdire la vente de tabac aux personnes nées après 2014, mais aussi de modifier le message de prévention sur l'alcool. « L'abus d'alcool est dangereux pour la santé » deviendrait alors « L'alcool est dangereux pour la santé ».
Il faudrait aussi retravailler les politiques autour de l'alimentation. La Ligue contre le cancer propose donc de rendre obligatoire l'affichage du Nutri-Score sur tous les produits alimentaires. Elle recommande aussi d'inscrire dans la loi la Charte alimentaire de l'Arcom et de mieux encadrer les pubs alimentaires destinées aux mineurs.
Enfin, l'association souhaite renforcer la prévention des cancers HPV, causés par le papillomavirus, en rendant la vaccination plus simple, plus accessible et possible dès 9 ans au lieu de 11 ans aujourd'hui.
Faire de l'impact sanitaire un principe fondamental de toutes les politiques publiques
Pour la Ligue contre le cancer, il serait notamment essentiel de « défendre un principe de précaution en matière de santé publique », notamment « face aux risques émergents ». L'association précise que 5 à 10 % des cancers actuels seraient en effet liés à l'environnement de vie, notamment à cause de la pollution et des substances néfastes (pesticides, PFAS, particules fines…) que nous ingérons et respirons au quotidien. C'est pourquoi il faudrait réévaluer, mais aussi adapter « nos standards de protection ».
Garantir les mêmes chances pour tous, avant, pendant et après le cancer
Aujourd'hui, les dépistages du cancer du sein, du côlon ou du col de l'utérus sont intégralement pris en charge. Mais la Ligue contre le cancer déplore que certains examens, complémentaires à ces dépistages, ne le soient pas. Elle préconise donc d'interdire les dépassements d'honoraires pour des actes comme des échographies ou des coloscopies, prescrites dans le cadre d'un dépistage de cancer.
L'association aimerait aussi « limiter les ruptures de revenus pendant les traitements ». Non seulement pour les travailleurs salariés et indépendants, mais aussi pour les aidants, qui accompagnent une personne dans son parcours de traitement.
La Ligue contre le cancer recommande aussi de garantir l'accès à une activité physique pour les malades, car elle permet de réduire de 37 % le risque de mortalité. Il faudrait ainsi inscrire la prise en charge financière de ces activités dans le droit commun.
Faciliter l'accès à l'innovation, pour un progrès accessible à tous
L'association entend également lutter contre les soins inadaptés et malgré tout prescrits dans les parcours des patients. Elle propose donc d'« encadrer strictement le respect des recommandations de prescriptions en oncologie ».
La Ligue contre le cancer plaide par ailleurs pour une désescalade des traitements lourds, en finançant davantage les essais cliniques sur de nouvelles méthodes qui laissent moins de séquelles aux patients.
Enfin, l'association incite à la souveraineté française en matière de recherche et d'innovations contre le cancer. Un principe qui permettrait, selon elle, de garantir un meilleur accès aux soins pour les patients, notamment d'un point de vue administratif.