Depuis quelques jours, dans le prolongement des récentes pluies abondantes, le moustique gâche la vie des habitants de Nîmes et du sud du Gard. À Garons, Vergèze, Vauvert ou encore Nîmes, les témoignages d'habitants excédés et surpris par cette présence massive en pleine mi-octobre se multiplient.
Un entraînement de football interrompu en urgence
Ce vendredi matin, Sofien, entraîneur de l'équipe de football féminine de Nîmes métropole, se remettait de son entraînement « cauchemardesque » de la veille, sur la pelouse naturelle du stade Jean-Michel, à l'est de la ville. « Ça a été surréaliste ! Dès notre arrivée sur le terrain, les filles (14-15 ans) ont toutes été véritablement prises d'assaut par des moustiques. Elles ont soudainement été piquées en masse par des centaines et des centaines d'insectes. Si bien que l'on a été contraint d'interrompre en urgence la séance ! », se remémore Sofien, qui assure n'avoir jamais été confronté à une situation similaire.
À Vauvert, certains s'interrogeaient sur un hypothétique lâcher récent de moustiques mâles stériles, afin de tenter d'en réduire la population. « Face à l'abondance inhabituelle de moustiques dans notre jardin, on a dû interrompre notre dîner dehors en catastrophe. Pour se barricader de toute urgence à l'intérieur », raconte Nathalie, une mère de famille. « Vivre un truc pareil, qui plus est en cette saison, ce n'est vraiment pas normal ! »
La réserve naturelle du Petit Rhône fermée
Implantée sur le territoire de la commune, la réserve naturelle du Petit Rhône annonçait jeudi soir sa fermeture « jusqu'à nouvel ordre ». « Ces derniers jours étaient particulièrement insoutenables », observait-on du côté de la réserve naturelle de 70 hectares, créée pour préserver les zones humides de Camargue.
L'EID Méditerranée, établissement public de contrôle des moustiques et acteur majeur de la démoustication, indique que depuis le 30 septembre, de fortes précipitations conjuguées aux vents marins ont provoqué une montée rapide des niveaux d'eau dans les zones humides littorales. « Ces mises en eau ont déclenché des éclosions massives de moustiques communs dont les larves peuvent atteindre plusieurs milliers d'individus par mètres carrés. Concernant plus de 2 200 hectares du sud du Gard, où les cumuls de pluie ont atteint localement 300 mm, l'EID Méditerranée a ainsi engagé entre le 1 et le 9 octobre d'importants moyens de traitement (aériens et au sol) pour agir sur les larves avant qu'elles ne deviennent des moustiques adultes », détaille l'établissement public.
Vers une atténuation progressive ?
Les opérations de traitement ont été conduites en tenant compte des conditions météorologiques (brouillards et nuages notamment) pouvant limiter les possibilités d'intervention. Les émergences de moustiques constatées depuis le début de la semaine passée s'expliquent par la rapidité du développement larvaire, la présence d'individus ayant échappé au traitement, ou encore par des moustiques adultes provenant de zones humides limitrophes de la zone de démoustication.
Du côté de l'EID, on tente de se montrer optimiste : « Le pic de nuisance lié à cet épisode devrait progressivement s'atténuer avec la dispersion et la disparition naturelle des moustiques adultes », détaille l'établissement public, avant de tempérer : « L'évolution de la situation dépendra toutefois des conditions météorologiques et de l'éventuelle survenue de nouvelles mises en eau, susceptibles de provoquer de nouvelles éclosions. »