Trois pins de Gassin condamnés à l'abattage après la cochenille tortue
Pins de Gassin : abattage après la cochenille tortue

Les trois pins situés au milieu de la RD558, entre La Foux et le giratoire du général Diego Brosset à Gassin, sont condamnés. Deux d'entre eux, déclarés morts, seront abattus lors des vacances de la Toussaint, selon la direction des infrastructures et des mobilités du Département. Le troisième, traité, reste sous surveillance renforcée.

Une opération d'abattage prévue à la Toussaint

Depuis plusieurs semaines, ces pins perdent leurs aiguilles, réduits à leur squelette au milieu d'un horizon verdoyant. Le directeur de l'office de tourisme de Gassin, Rémi Potier-Saffroy, constate : « Beaucoup de personnes nous demandent ce qu'il leur est arrivé. Ils sont un élément constitutif du paysage et les gens y sont attachés. »

À l'approche de l'automne, la question de la résistance de ces arbres dévitalisés se pose pour la sécurité routière. Étant donné leur position entre les deux voies de la RD558, le Département en a la charge. Interrogée après une réunion avec la municipalité le 11 septembre, la direction des infrastructures et des mobilités a précisé : « La commune souhaite une intervention du Département durant une période de vacances scolaires afin de limiter la gêne aux abords des établissements scolaires. Contact sera pris avec l'entreprise pour trouver les créneaux disponibles en privilégiant les vacances de la Toussaint. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un héritage d'avant-guerre et un emblème local

Ces pins, qui témoignent de plusieurs décennies d'histoire, étaient autrefois entourés d'une large pinède. Celle-ci s'est éclaircie avec la construction d'un hippodrome à La Foux, puis surtout avec le déboisement par les troupes allemandes dès 1941, pendant la Seconde Guerre mondiale. Les trois pins se sont alors retrouvés isolés, devenant un point visuel remarquable, et ont même figuré dans une scène de course-poursuite du film Le Gendarme se marie (1968).

« Ils n'ont pas de reconnaissance officielle, on en parle assez peu mais ils sont quand même devenus un emblème », ajoute Rémi Potier-Saffroy.

L'écho fatal d'une autre star locale : le pin de Bertaud

Avant ces trois pins, un autre spécimen, plus impressionnant encore, trônait au milieu d'une route menant à Saint-Tropez : le pin de Bertaud, à l'entrée du château de Bertaud. Les plus anciennes mentions remontent à 1830. Il mesurait 5 mètres de haut avec une circonférence de 7 mètres au sommet du tronc. Il a inspiré une peinture de Paul Signac, conservée au musée Pouchkine à Moscou, et a été cité dans les œuvres de Jean Aicard, comme Maurin des Maures ou L'Illustre Maurin. En 1911, une commission départementale a envisagé de le classer parmi les sites naturels remarquables, mais la maladie l'a emporté en 1924.

Le Département n'a pas précisé si les trois pins de Gassin avaient reçu un traitement avant de périr du parasite. L'impact sur la circulation lors de l'abattage n'a pas non plus été détaillé, mais une communication adaptée sera réalisée en amont du chantier.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale