La société Vensolair prévoit la mise en service d'un nouveau parc éolien sur la crête de la Boulaine, en Lozère, avec un dossier administratif attendu d'ici la fin de l'année. Ce projet suscite l'inquiétude de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), qui redoute de nouvelles conséquences sur la biodiversité aviaire, alors qu'une quarantaine d'éoliennes sont déjà implantées en Margeride.
Un mât de mesure de 122 mètres installé en octobre 2024
Un mât de mesure du vent a été placé à 122 mètres de hauteur en octobre 2024 par Vensolair, préfigurant une implantation du rotor des machines à cette hauteur, sans compter l'amplitude des pales. Selon la LPO, « ces installations d'une très grande hauteur sont connues pour provoquer la mort d'oiseaux, principalement des grands planeurs, rapaces et échassiers mais aussi des chauves-souris ».
Le secteur de la Margeride compte déjà une quarantaine d'éoliennes, et l'association craint que ce nouveau projet ne perturbe davantage la faune sauvage. « On recense deux cas de mortalité chez le milan royal qui niche dans le coin. Mais sous l'effet des charognards, nous pensons que cette donnée est largement sous-estimée », pointe la LPO.
Des espèces menacées traversent la crête de la Boulaine
Les observations de terrain faites par l'association lui permettent d'affirmer que certaines espèces d'oiseaux comme le busard cendré traversent cette crête pour aller chasser, notamment en période de reproduction. « En deux décennies, la population des busards Saint-Martin a baissé de près de 50 % et celle des busards cendrés de 25 % partout en France et en Europe », souligne l'association.
Si ce déclin est davantage causé par l'agriculture que par l'implantation d'éoliennes – les busards Saint-Martin nichent directement au sol – les activités humaines restent le principal facteur de mortalité chez les individus. « Près d'un tiers de la population départementale risque d'être impacté par ces parcs éoliens, soit par collision avec les pales, soit par perte de sites de nidification ou de territoires de chasse », explique la LPO.
Des impacts cumulés insuffisamment pris en compte
L'accumulation des éoliennes dans le secteur inquiète profondément l'association, qui estime que les impacts cumulés des différents projets ne sont pas suffisamment pris en compte. Elle regrette notamment de ne pas pouvoir s'appuyer sur des études d'impact prenant pleinement en considération les effets cumulatifs de l'installation d'une quarantaine d'éoliennes en Margeride.



