La Compagnie des autobus de Monaco (CAM) a lancé sa première campagne de dépistage des stupéfiants auprès de ses conducteurs le 13 juillet 2026, après une affaire judiciaire qui a ébranlé l'entreprise. Vingt-cinq conducteurs ont été soumis à un test salivaire avant leur prise de service, et tous ont été déclarés négatifs. Cette initiative vise à restaurer la confiance des usagers et à garantir la sécurité des passagers.
Un contexte judiciaire sensible
En février 2026, un conducteur italien de 45 ans a été condamné à six mois de prison, dont cinq avec sursis, pour avoir conduit un bus sous l'emprise de stupéfiants. L'affaire avait été révélée après qu'une passagère âgée a chuté lors d'un freinage brusque, se fracturant le col du fémur. Le test de dépistage effectué par la Sûreté publique avait alors révélé la présence de cannabis.
La CAM préparait déjà l'intégration de ces tests depuis 2022, mais le processus avait été retardé pour des raisons internes et administratives. Après avoir établi un cadre d'intervention avec les représentants du personnel, acquis le matériel nécessaire auprès d'une société de Vitrolles et obtenu l'approbation de l'Inspection du Travail, la direction a finalement lancé sa première campagne en juillet.
Un dispositif strict et confidentiel
Les tests ont été organisés dans le plus grand secret pour éviter toute fuite. Cinq remplaçants, également testés, étaient prêts à prendre le relais en cas de résultat positif. Le dispositif utilisé, le DrugCheck 3000 de Dräger, peut détecter en dix minutes le THC, la cocaïne, les amphétamines, les méthamphétamines et les opiacés, mais pas le CBD, qui est pourtant classé comme stupéfiant en Principauté.
« Nous sommes un service public et, par définition, celui-ci est lié à la confiance des usagers dont nous devons assurer la sécurité. Elle doit rester intacte », a déclaré Marie-Agnès de Rechniewski, secrétaire générale de la CAM. Elle a ajouté que le personnel avait bien accueilli cette démarche, se sentant rassuré de pouvoir prouver qu'ils sont « cleans ».
Des contrôles réguliers et aléatoires
La CAM prévoit des contrôles « réguliers » et « aléatoires », tant sur le lieu que sur l'horaire. Deux cents tests ont été commandés et doivent être utilisés avant juillet 2027, date de leur péremption. Tout salarié peut refuser un test, mais il sera alors considéré comme positif, conformément au Code de la route.
En cas de test positif, une procédure disciplinaire est engagée. Le conducteur est immédiatement retiré du service et ne peut pas rentrer seul chez lui. Une contre-expertise en laboratoire est proposée, et la médecine du travail est informée. Si le résultat est confirmé, la procédure peut mener à une rupture du contrat de travail. Une attention particulière est portée aux médicaments contenant des opiacés ou des amphétamines, qui peuvent fausser les résultats.
Les salariés soutiennent la mesure
Ridah Bouhlel, délégué du personnel et conducteur-receveur, a salué cette initiative : « Ces tests étaient nécessaires pour rassurer les usagers et donner une bonne image. Les chauffeurs les ont bien accueillis, ils ne se sont pas sentis ciblés, mais ils avaient besoin d'être rassurés sur le processus. Ce fut un sans-faute et tous étaient négatifs. » Il a également souligné que l'affaire du conducteur condamné avait choqué et surpris les employés, qui tiennent à redorer l'image de leur profession.
La CAM poursuivra ces contrôles de manière aléatoire, avec pour objectif de maintenir un haut niveau de sécurité et de confiance pour les usagers du réseau de bus monégasque.



