Incendie à Fontainebleau : leçons et solutions pour protéger la forêt
Incendie à Fontainebleau : leçons et solutions pour la forêt

Le 12 juillet 2025, un incendie a ravagé 2 100 hectares dans la forêt des Trois Pignons à Fontainebleau, en Seine-et-Marne. Ce massif de 17 000 hectares, l'un des plus anciens de France, a subi des dégâts considérables. Pourtant, un exercice de simulation nommé « Inferno » avait eu lieu en 2025 avec l'usage de Canadairs. « Le plus triste, c'est que nous n'avons pas été pris au dépourvu », déplore Bertrand Dehelly, président de l'association des Amis de la forêt de Fontainebleau. Il souligne que cet exercice a permis d'éviter des victimes et des maisons brûlées, mais admet qu'« il y a encore des points à améliorer ».

Renforcer les interdictions de fréquentation

Une des premières mesures proposées est de multiplier les interdictions d'accès aux secteurs à risque. « Un arrêté était déposé. Les trois pignons qui ont pris le feu étaient interdits depuis cinq jours. Une première dans l'histoire, qui n'a pas eu assez d'effets malheureusement mais il faut poursuivre dans ce sens même si cela est impopulaire », explique Bertrand Dehelly. Pauline Vilain-Carlotti, docteur en géographie spécialiste des incendies de forêt, ajoute : « C'est un principe de précaution qui doit limiter les risques et permettre la régénération des espaces boisés incendiés. » Elle milite pour « renforcer les arrêtés d'interdiction de fréquentation des massifs forestiers » tout au long de l'année, rappelant que « nous sommes responsables dans 90 % des cas des émissions des feux de forêt ».

Utiliser la météo des forêts comme indicateur

Des outils comme la météo des forêts, développée par Météo-France, permettent de caractériser le niveau de risque incendie. « Peut-être qu'il faudrait rendre systématiques les arrêtés d'interdiction à partir d'un risque modéré », suggère Pauline Vilain-Carlotti. Cela permettrait de limiter les activités humaines en période de forte chaleur.

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Éloigner les activités humaines et l'habitat des forêts

L'humain étant la première cause d'incendie, l'experte propose d'adapter les activités pour ne pas produire d'étincelles en été à proximité des zones boisées. « Cela veut aussi dire accepter parfois d'être moins productif », précise-t-elle. Concernant l'habitat, elle note que « la plupart des incendies ne se déclenchent pas en cœur de massifs, mais dans les interfaces habitat-forêt ». La proximité de l'habitat oblige les pompiers à intervenir d'abord sur les habitations, limitant leur action sur la forêt. La forêt de Fontainebleau, périurbaine, en est un exemple typique.

Améliorer l'accès des pompiers et la gestion forestière

Bertrand Dehelly insiste sur la nécessité de réviser le plan d'aménagement 2016-2036 : « Il faut voir si certaines allées doivent être élargies pour faciliter l'accès des pompiers, voire utiliser un bulldozer pour en créer de nouvelles. » Il suggère également de replanter des espèces moins vulnérables au feu, comme le pin maritime ou des essences méditerranéennes, à la place des pins sylvestres venus de Riga qui ont brûlé.

Laisser la nature se régénérer et intégrer le risque dans l'urbanisme

Pauline Vilain-Carlotti préfère laisser la nature se reconstruire seule et prône une « vigilance extérieure ». « La nature se porte très bien sans nous. Il va falloir se saisir de l'aléa incendie pour l'intégrer à la planification urbaine et limiter la constructibilité près des forêts. »

Des solutions simples et immédiates

Enfin, Bertrand Dehelly propose une mesure simple : « Rendre obligatoire les cendriers qui ont disparu dans les voitures. » Cela pourrait éviter des départs de feu le long de l'autoroute A6, la plus fréquentée du pays.

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