Le 16 juillet 2026, la préfète de l'Hérault, Chantal Mauchet, a placé le bassin du Jaur en situation de « crise », le niveau le plus élevé du dispositif sécheresse, en raison d'une sécheresse record. Cette mesure entraîne des restrictions d'eau strictes dans l'ouest du département et déclenche des contrôles de l'Office français de la biodiversité (OFB), passibles d'une amende de 1 500 € pour les particuliers.
Une situation hydrique critique dans l'ouest de l'Hérault
Les ressources en eau continuent de se dégrader, particulièrement à l'ouest du département, en raison de conditions climatiques très défavorables. La sécheresse des sols a atteint un niveau record. Seules les eaux souterraines restent globalement préservées, grâce à une recharge efficace durant l'hiver et le printemps, à l'exception de certaines situations ponctuelles. La préfète appelle chacun à éviter tout gaspillage et à maîtriser sa consommation d'eau. Elle rappelle que des arrêtés de restriction complémentaires peuvent être pris par les maires si la situation locale le justifie.
Décisions de restriction par bassin versant
En cohérence avec les départements voisins et les prévisions météorologiques à court terme, Chantal Mauchet a décidé : le passage en crise du bassin versant du Jaur, le passage en alerte renforcée du bassin versant du Thoré amont, le maintien en alerte renforcée des bassins versants de l'Argent-Double, de l'Ognon et de la Cesse. Par ailleurs, le canal du Midi passe en alerte, tandis que le bassin de l'Orb amont et aval est maintenu en alerte.
« À Saint-Pons, la source du Jaur n'a pas beaucoup bougé. C'est normal, parce qu'elle est alimentée par une espèce de lac intérieur, mais c'est la rivière, plus bas, qui est impactée par la sécheresse. Ici, il est très rare de voir le niveau baisser », explique un habitant. Le débit du Jaur est en moyenne de 4 m³/seconde, grâce à de vastes lacs souterrains qui assurent une réserve suffisante en principe, mais il peut être cinq fois plus important après des épisodes pluvieux significatifs.
Des restrictions méconnues selon un élu local
Yann Geshors, représentant d'Europe Écologie-Les Verts dans le Biterrois, déplore dans un communiqué : « Au 16 juillet 2026, le secteur de Saint-Pons-de-Thomières a été placé au niveau crise, le seuil le plus élevé du dispositif sécheresse. Le secteur d’Olonzac est en alerte renforcée, tandis que le Biterrois, le littoral et plusieurs ressources souterraines ou superficielles sont également soumis à des mesures de restriction. Ces niveaux d'alerte ne sont pas de simples couleurs sur une carte. Ils entraînent des obligations précises pour les particuliers, les entreprises, les agriculteurs et les collectivités. Il y a des règles, mais elles sont très largement méconnues. »
Il regrette qu'en période estivale, « les festivités font la une, les restrictions d'eau restent trop souvent invisibles ». Il insiste : « Lorsque le secteur de Saint-Pons-de-Thomières atteint le niveau crise, les restrictions d'eau devraient être aussi visibles que les programmes des fêtes estivales. Le lavage des voitures, le remplissage des piscines, l'arrosage ne sont pas des sujets secondaires. Ce sont des usages directement concernés par les arrêtés. Informer aujourd'hui, c'est éviter que la situation empire. »
Contrôles renforcés et sanctions financières
Comme chaque année, les services de l'OFB et de la direction départementale des territoires et de la mer de l'Hérault (DDTM) se mobilisent pour faire respecter les restrictions. La campagne de contrôle 2026 a débuté parallèlement à la mise en place des restrictions et se poursuivra jusqu'à l'automne, selon l'évolution de la situation. « Des agents de l'État se déplaceront partout sur le territoire héraultais, selon les niveaux de gravité fixés par arrêté préfectoral, afin d'informer, de sensibiliser et de contrôler l'application des règles en matière de gestion de l'eau », précise la préfète.
Le non-respect des mesures de restriction constitue une infraction passible d'une amende de 1 500 € pour les particuliers, du double (3 000 €) en cas de récidive, et de 7 500 € pour les personnes morales.



