Fermeture historique de la RD45 dans le Var pour risque incendie sévère
Fermeture historique de la RD45 dans le Var pour risque incendie

Depuis cinq jours consécutifs, la route départementale 45 reliant Châteauvert à Correns, dans le centre du Var, est fermée à la circulation en raison d'un risque d'incendie très sévère. Cette mesure, appliquée pour la cinquième fois en juillet 2026, est du jamais-vu selon les autorités locales.

Un site sous haute surveillance

Le vallon Sourn, espace naturel sensible (ENS) propriété du Département, est particulièrement exposé. Laurent Layolo, chef de projet à la direction des espaces naturels, forestiers et agricoles, explique : « Moins il y a de monde, moins il y a de risques. » Une vingtaine d'écogardes patrouillent quotidiennement en été pour surveiller le site et faire respecter les restrictions.

Ce mardi 21 juillet 2026, le risque incendie est classé très sévère, déclenchant la fermeture du vallon et de la RD45. Christophe, écogarde depuis plus de 20 ans, indique : « C’est le quatrième jour d’affilée. Le cinquième en 21 jours. L’année dernière, nous avons fermé une journée en juillet et quatre en août. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une décision concertée pour la sécurité

La fermeture résulte d'une concertation entre le Service départemental d'incendie et de secours (SDIS 83), la Direction départementale des territoires et de la mer, le Département et les communes de Châteauvert et Correns, après l'été 2023 où la situation est devenue « d'une grande gravité ». Serge Loudes, maire de Châteauvert, déclare : « Il n’y avait pas d’autres solutions. La gêne est toute relative pour les habitants. Bien sûr les habitants ne peuvent pas profiter d’un site qu’ils ont toujours connu mais l’intérêt général passe au-dessus. »

La RD45, longue de trois kilomètres, ne dispose pas de zone de retournement, ce qui rendrait toute intervention des pompiers difficile en cas d'incendie. « Il n’y aurait que les moyens aériens. Ce serait vraiment dangereux pour les gens, les habitants, les pompiers s’il y avait besoin d’évacuer », précise Laurent Layolo.

Un succès touristique devenu problématique

La fréquentation du vallon Sourn a explosé après les confinements de 2020 et 2021, atteignant jusqu'à 1 000 personnes par jour, selon un écogarde. « Le site a été victime de son succès. » Les réseaux sociaux ont propagé l'envie de nature, entraînant une surfréquentation également constatée au vallon des Carmes à Barjols, aux sources de l'Huveaune ou à Sillans-la-Cascade. Pour gérer cet afflux, le Département a aménagé un parking de 80 places, jugé insuffisant.

Nicole Rullan, maire de Correns, reconnaît un impact sur les commerces et hébergements, mais affirme : « On comprend la problématique. Il faut protéger le site et le public. Nous avons développé une stratégie sur la culture, pas uniquement sur les plaisirs de la baignade. Avec la chaleur, tout le monde cherche l’eau. Mais c’est toute la Provence verte qui est concernée. »

Un risque accru avec le changement climatique

Les écogardes constatent que les périodes à risque deviennent plus fréquentes et plus précoces. « La forêt souffre même dans les endroits protégés. Et les périodes comme celles que nous vivons risquent d’être plus fréquentes et de plus en plus tôt », alerte un écogarde. Ce mardi en fin de matinée, un léger vent s'est levé, et quelques heures plus tard, un feu éclatait à Pontevès, à quelques kilomètres du vallon Sourn, illustrant la réalité du danger.

La fermeture du site et de la route en cas de risque très sévère est désormais un réflexe, comparable à la vérification des drapeaux de baignade. Les autorités rappellent l'importance de ces mesures pour préserver la biodiversité exceptionnelle du vallon Sourn, qui abrite notamment un couple d'aigles royaux ayant eu un petit en début d'année.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale